Colloque : La recherche communautaire : des savoirs engagés

Texte publié le mercredi 7 octobre 2009.

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La recherche communautaire, une connaissance en mal de reconnaissance.

Jeudi 1er et vendredi 2 octobre 2009 se tenait à la Cité des Sciences à Paris, le colloque La recherche communautaire : des savoirs engagés. Plus de quarante personnes représentant le milieu de la recherche, celui des associations ou des organismes communautaires ont participé à cette rencontre. Organisé par le Réseau francophone de recherche communautaire VIH-sida, l’événement fut un réel succès. L’organisation impeccable, le programme des discussions, les présentations de recherches et d’expériences ont permis des échanges passionnants et fructueux. La recherche communautaire est celle qui colle le plus aux réalités quotidiennes des personnes séropositives et pourtant ses valeurs scientifiques ne sont pas toujours reconnues pour ce qu’elles sont. S’il est une chose que ce colloque nous aura démontrée, c’est que la recherche communautaire est utile, efficace et porteuse d’évolution.

Boîte de Petri ou boîte de Pandore ?

La recherche communautaire s’est d’abord interrogée sur elle-même au tout début du colloque en explorant les limites et les ouvertures de son espace théorique et pratique. Un remue-méninge qui a permis de mieux définir ce qu’est la recherche communautaire et ce qu’elle n’est pas. Toutes et tous se sont mis d’accord pour écrire un document qui établira ce qu’est la recherche communautaire. Cette définition doit être faite par le milieu de la recherche communautaire elle-même et ne doit pas lui être imposée par le milieu des sciences dites exactes. Une recherche qui est tournée vers l’action et la transformation sociale serait à l’étroit dans une boîte de Petri, mais elle n’est pas pour autant condamnée à être perçue comme une boîte de Pandore.

Les valeurs, les enjeux, les critères éthiques et scientifiques de la recherche communautaire ont soulevé des débats animés et riches en perspectives. Je suis revenu de cette rencontre enthousiasmé par la vitalité de la recherche communautaire dans l’espace francophone. Un air de fraîcheur flottait sur cette petite assemblée. Ceux et celles qui étaient là sont de jeunes chercheurs ou de jeunes responsables associatifs, mais même les plus âgés qui se sont exprimés lançaient des idées novatrices. Venues de France, du Québec, de Suisse et de Tunisie, les personnes présentes sont reparties transportées par une volonté manifeste de collaboration et d’échanges, avec dans leurs valises quelques cartes professionnelles et plein de projets concrets.

Concret, voilà sans doute le maître mot de ce colloque francophone sur la recherche communautaire VIH-sida. D’ailleurs, un compte-rendu beaucoup plus concret et détaillé que celui-ci sera publié prochainement. Nous ne manquerons pas de vous le communiquer.

On ne peut que remercier Jean-Marie Le Gall (AIDES, France), David Perrot (Groupe sida Genève, Suisse), Mélina Bernier (COCQ-sida, Québec) et Joanne Otis (UQAM) qui ont dirigé cette rencontre. La réussite de ce colloque leur appartient en bonne partie, comme elle appartient à plusieurs de ceux et celles qui ont contribué à l’enrichir de leur collaboration et de leur participation. Finalement, je m’en voudrais de ne pas accorder une mention particulière bien méritée au magicien « événementiel » Pierre-Philippe Audineau.

Albert Martin

[1] Creative Commons Attribution ShareAlike 3.0 Vbritto : Main hall inside the Cite des Sciences in Paris.



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