ENTREVUE : Séropo et isolé : « Ne pas oublier cette forte minorité de l’ombre… » - GAMBIE : La représentante de l’Unicef expulsée - LIPODYSTROPHIE : La tésamoréline lutte contre l’obésité abdominale VIH - FRANCE : Hôpitaux : AP-HP : bisbilles, business et bazar ! - FRANCE : Outremer : des associations demandent une conférence sur le sida - FRANCE : Incidence du VIH dans les milieux gays parisiens : des résultats préoccupants - FRANCE : Rapport de la cour des comptes sur la politique de lutte contre le VIH/sida : doit-on s’inquiéter d’une dérive stigmatisante ? - ENTREVUE : « Nous voulons devenir un lieu d’entraide pour tous les homos d’Aquitaine » - CANADA : Vancouver : Campagne de sensibilisation au VIH/sida

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ENTREVUE : Séropo et isolé : « Ne pas oublier cette forte minorité de l’ombre… »
mardi 16 février 2010
Grégory Bec (Coordinateur des Petits Bonheurs)
Propos recueillis par Sandra Prieto pour Sida Info Service
Grégory Bec est le coordinateur des "Petits Bonheurs*", association francilienne créée fin 2008, destinée aux séropositifs et aux malades du sida.
Sida Info Service : Quel bilan dressez-vous de ces 15 premiers mois d’existence ?
Grégory Bec : 2009 a été une année d’efforts et de ténacité puisque nous n’avons obtenu le versement de notre premier financement public qu’en septembre dernier ! Nous avons donc dû improviser avec peu de moyens et une équipe réduite au minimum, tout en faisant face à un nombre de demandes en constante augmentation, l’association étant bien repérée des professionnels de santé. Plus de 50 médecins hospitaliers ont d’ailleurs constitué un comité de parrainage pour souligner et soutenir notre travail et nous les en remercions. Grâce à ces aides financières institutionnelles, nous avons pu terminer l’année plus sereinement, concrétiser la création du poste de coordinateur que j’occupe à présent en étant salarié, après un an et demi d’investissement bénévole. Nous venons par ailleurs d’embaucher deux personnes, le 1e février dernier ! Deux postes à temps partiel, un portant sur l’accueil, la gestion administrative et du secrétariat, l’autre sur l’accompagnement direct des personnes. Nous avons également une équipe de bénévoles avec, en tête de liste, notre vice-président, Gérard Berlureau, qui réalise un énorme travail au quotidien, souvent 7 jours sur 7, ainsi que 15 personnes qui œuvrent sur des actions de soutien et 15 autres de compétences diverses (avocat, notaire, banquier, juriste…) et d’actions plus ponctuelles. Mais nous en manquons encore cruellement. Nous aurions également bien besoin d’un webmaster pour animer notre site.
SIS : Comment l’association est-elle financée aujourd’hui ?
GB : Outre les financeurs institutionnels, nous pouvons compter sur les dons de particuliers et les contributions volontaires : prestations de services, produits et matériel pour améliorer rapidement le quotidien des personnes que nous accompagnons. De même, nous essayons de réunir des produits cosmétiques ou d’hygiène qui font défaut aux personnes hospitalisées subitement, bien souvent privées de soutien extérieur.
SIS : Quel est le profil des personnes que vous accompagnez ?
GB : Ce sont des personnes porteuses du VIH, qui vivent dans un grand isolement social et affectif, et qui n’ont souvent pour seul interlocuteur que les professionnels hospitaliers. Elles ne font pas la démarche de s’adresser aux associations ou même aux services sociaux, et ne parlent de leur virus qu’avec leur médecin. Elles ne demandent rien et c’est donc à nous de les approcher par le biais des équipes médicales hospitalières. 1/3 des rencontres ont lieu à l’hôpital, car les personnes y séjournent ou trouvent ce cadre plus rassurant pour un premier contact. Certaines personnes habitent dans un logement tellement déplorable qu’elles ne préfèrent pas nous y recevoir directement, souvent par honte ou par pudeur. Bon nombre des personnes que nous accompagnons vivent avec le VIH depuis le milieu des années 1980 et ont accumulé de multiples problèmes. Elles n’arrivent plus à rythmer leur quotidien et à faire de petits projets. Elles appartiennent à une "forte minorité de l’ombre" et sont facilement oubliées puisqu’on ne les voit pas et qu’elles ne réclament rien. En 2010, nous souhaitons d’ailleurs travailler plus particulièrement en direction des personnes hospitalisées, et poursuivre nos efforts pour aller à la rencontre de celles et ceux qui ont plus de 60 ans, davantage isolés, puisque bon nombre on perdu leurs amis, leurs amours, emportés par l’épidémie.
SIS : Combien de personnes avez-vous prises en charge en 2009 ?
GB : Nous avons réussi à accompagner 166 personnes réparties dans toute la région Ile-de-France, de 6 à 87 ans. 13 personnes sont décédées, ce qui illustre tristement la grande vulnérabilité des personnes auxquelles nous nous adressons.
SIS : A quel niveau intervenez-vous pour les aider ?
GB : Nous réalisons un travail d’accompagnement, en complémentarité des équipes médicales, et organisons, par exemple des sorties ponctuelles pour les personnes hospitalisées : escorte chez eux pendant quelques heures, au café, au cinéma… Pour d’autres, nous préparons leur sortie d’hôpital. Cela comprend l’approvisionnement de leur frigidaire, la vérification de l’électricité, remettre du chauffage, l’achat d’un bouquet pour qu’ils se sentent accueillis. Nous nous chargeons également de les raccompagner chez eux et de les aider à retrouver leurs marques. Nous les appelons ensuite régulièrement pour nous assurer que tout va bien. Pour les personnes que nous voyons à domicile, nous établissons avec chacune une réponse individualisée, « sur mesure », en fonction de ce qu’elle aimerait changer ou investir. Nous avons ainsi accompagné un homme de 82 ans dans son village d’enfance. Un moment chargé d’émotions, comme beaucoup de ceux que nous partageons avec des personnes qui ne demandent qu’a communiquer, partager, sourire…
SIS : Le vide dont vous avez parlé lors de votre première interview pour Sida Info Service est-il aujourd’hui comblé ?
GB : Nous avons commencé à y contribuer avec un premier bout de réponse. Et nous avons encore beaucoup de travail à abattre pour arriver à le combler. Nous essayons de sensibiliser différents partenaires, sur les besoins de la population à laquelle nous nous adressons, notamment les dispositifs prenant en charge les seniors, peu familiarisés à la réalité des personnes vivant avec le VIH. Par ailleurs, dans les années 1980, il y avait une formidable entraide entre les personnes atteintes, une forte dimension d’auto-support, de combat collectif. Mais avec l’arrivée des traitements, pour beaucoup, et c’est compréhensible et légitime, leur combat est (re)devenu individuel. Et les disparités se sont multipliées selon les contextes de vie. Nous devons donc réfléchir au moyen de revenir vers celles et ceux qui souffrent d’isolement, de maladie, d’exclusion, de dépressions, d’abandon… notamment en remobilisant , en réactivant et en réorganisant des dynamiques de solidarités.
SIS : Quelle est votre réaction sur la restructuration hospitalière (notamment sur les services VIH) actuellement en cours ?
GB : S’il est possible d’entendre qu’une réforme est utile, encore faut-il que cela ne se fasse pas uniquement dans un but d’économies mais avant tout avec un objectif d’une meilleure qualité dans la prise en charge. Les efforts réalisés ces dernières années seraient alors réduits à néant.
Info Plus :
Le mois de janvier 2010 a été très représentatif du parcours et de l’évolution des "Petits Bonheurs".
Nous avons ainsi accompagné 120 personnes, et établis un premier contact avec 9 autres que nous rencontrerons dans les prochains jours. Une activité extrêmement dense ! Il est indispensable que de nouveaux bénévoles nous rejoignent et unissent leurs forces aux nôtres…
Voici un aperçu en chiffres :
128 personnes séropositives,
93 hommes dont un enfant de 6 ans,
25 femmes dont une adolescente de 15 ans,
3 transsexuels,
105 personnes domiciliées à Paris,
34 personnes nouvelles,
15 personnes hospitalisées,
3 personnes sont décédées en 2010.
Source : http://www.sida-info-service.org/
GAMBIE : La représentante de l’Unicef expulsée
(AFP) – il y a 16 heures
BANJUL — La représentante du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) en Gambie a été expulsée de ce petit pays d’Afrique de l’Ouest, dont le régime est régulièrement critiqué pour des violations des droits de l’Homme, a indiqué lundi à Banjul une responsable de l’Unicef.
"L’Unicef a reçu la semaine dernière une lettre du gouvernement disant que la représentante résidente Mme Min-Whee Kang (Corée du Sud) n’était plus la bienvenue en Gambie", a déclaré à l’AFP la responsable de la communication de l’Unicef en Gambie Mme Sally Sadie-Singhateh. Les autorités ont donné vendredi 24 heures à la représentante de l’agence de l’ONU pour quitter le pays, selon elle. Elle est partie "pour une destination inconnue", a-t-elle précisé. "L’Unicef confirme l’expulsion de sa représentante en Gambie Madame Min-Whee Kang", a précisé à l’AFP Gaëlle Bausson, porte-parole de l’Unicef pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, basée à Dakar. Aucune précision n’a pu être obtenue lundi de la part des autorités gambiennes. Il s’agit du deuxième responsable de l’ONU à être expulsé de ce pays en trois ans. En février 2007, le responsable en Gambie du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Fadzai Gwaradzimba, avait été déclaré persona non grata. Il avait demandé au président gambien Yahya Jammeh, au pouvoir depuis 1994, de cesser d’interférer dans les traitements contre le VIH/sida. Le chef de l’État a prétendu avoir des dons de guérisseur et affirmé en 2007 pouvoir soigner des personnes infectées par le sida "en quelques jours" avec un traitement à base de plantes et de versets du Coran. Selon les organisations de défense des droits de l’Homme, des opposants ou des personnes considérées comme telles au régime sont régulièrement victimes de violations des droits de l’Homme, dont des arrestations extrajudiciaires et des tortures. Selon Reporters sans frontières (RSF), les médias privés travaillent dans un "climat très menaçant" en Gambie. "Le pays dirigé par le jeune président Yahya Jammeh est le domaine réservé d’une petite clique de militaires souvent irrationnels, emprisonnant, torturant et terrorisant parfois au hasard ceux qui osent, un jour, s’opposer au chef de l’État ou à ses amis", selon RSF. Pour l’organisation, l’assassinat en 2004 "du rédacteur en chef de l’hebdomadaire The Point, Deyda Hydara, a sonné la fin d’une époque où la presse privée, bien organisée et exigeante, pouvait encore faire front face à un gouvernement qui ne cachait pas son hostilité à son égard". Deyda Hydara était également le correspondant de l’AFP et de RSF en Gambie.
Source : http://www.google.com/
LIPODYSTROPHIE : La tésamoréline lutte contre l’obésité abdominale VIH
lundi 15 février 2010
La tésamoréline réduit l’excès de graisses intra-abdominales chez les patient-es atteint-es de lipodystrophie, selon une étude dont les résultats viennent de paraître dans le Journal of Acquired Immune Deficiency Syndrome.
La lipodystrophie est un trouble de la répartition des graisses associé à certains traitements du VIH (et peut-être au virus lui-même). Dans la mesure où elle se traduit par des pertes ou des accumulations anormales de graisses à certains endroits du corps, elle constitue un préjudice esthétique qui peut être mal vécu et/ou induire des comportements stigmatisants. Cette modification de la forme et de la composition corporelles prédispose fortement à une augmentation du risque cardio-vasculaire, associé à de possibles complications métaboliques avec certains antirétroviraux (dyslipidémie, insulinorésistance). Dans cette étude, la tésamoréline a permis de réduire de 18 % les niveaux de graisse intra-abdominale et de diminuer la circonférence de la taille. Conséquence : une amélioration de la perception de l’image corporelle, et donc de l’estime de soi et du bien-être général des personnes concernées. Ce produit, un analogue du facteur de libération de l’hormone de croissance qui avait déjà donné de bons résultats dans une précédente étude, présente par ailleurs un bon profil d’innocuité. Cela est d’autant plus important que l’interruption de la tésamoréline est déconseillée du fait de la ré-acumulation de graisse viscérale à l’arrêt de ce traitement. Son fabricant, le Canadien Theratechnologies, attend le verdict de la FDA américaine (Food and Drug Administration) pour fin mars 2010. Si elle est autorisée aux États-Unis, la tésamoréline devrait s’appeler « Egrifta » dans ce pays. Il s’agirait alors du premier traitement disponible contre l’adiposité abdominale VIH. Plus d’infos sur : Aidsmap (en anglais)
Laurent Rossignol
Source : http://www.sida-info-service.org/
FRANCE : Hôpitaux : AP-HP : bisbilles, business et bazar !
Par jfl-seronet - Posté le 15 février 2010
C’est un peu logique. Plus c’est flou, moins il y a de concertation, plus c’est le bazar. C’est très exactement ce qui se passe actuellement avec les projets de réorganisation de l’AP-HP en Île-de-France. En parallèle, on restructure des services notamment ceux qui prennent en charge les personnes séropositives et on y annonce des milliers de suppression de postes… tout cela dans la plus grande opacité et en pleine campagne des régionales. Un cocktail détonant.
Jusqu’à présent, seuls les initiés connaissaient le professeur Jean-Yves Fagon, un des hauts responsables de l’AP-HP (Assistance publique/Hôpitaux de Paris). Ce dernier connaît actuellement son quart d’heure wharolien puisqu’il occupe le poste clé de directeur de la politique médicale à l’AP-HP. C’est lui qui est en première ligne pour expliquer (et justifier) le plan de restructuration de l’AP-HP. Vu le contexte ambiant, c’est dire s’il est exposé. Et ce d’autant qu’il fait manifestement pare-feu pour protéger le directeur de l’AP-HP Benoît Leclercq des critiques qui sont nombreuses (médecins, syndicats professionnels, associations, collectifs de patients, etc.). Le 12 février, Jean-Yves Fagon accorde une interview à "Libération". Le directeur de la politique médicale à l’AP-HP y revient assez longuement sur les raisons de la réorganisation en cours. Pour faire simple, il trouve qu’il n’est pas possible de rénover les trente-sept sites de l’AP-HP, qu’il n’est pas possible de "garder sept universités de médecine" (en lien avec des hôpitaux) et laisse entendre que la réorganisation des services VIH qui est en cours serait la conséquence d’une évolution de la prise en charge. "Dans le cas du VIH, par exemple, on n’hospitalise quasiment plus", explique t-il. Sur la question des services VIH, il confirme d’ailleurs que l’AP-HP a un projet pour l’Hôtel-Dieu au centre de Paris. "Nous avons un très beau projet. Avec un gros service d’urgence, et un grand centre de prise en charge du VIH où seront regroupés les services qui le traitaient à Cochin, à Pompidou. C’est vrai qu’il n’y aura pas d’hospitalisation conventionnelle sur le VIH à l’Hôtel-Dieu. On a besoin d’une vingtaine de lits, eh bien, il faut que les équipes se mettent d’accord pour les implanter à Cochin ou à Pompidou…
Le problème, c’est que cette réorganisation se fait en l’absence de concertation. Chacun fait son business dans son coin… Un point de vue que le directeur de la politique médicale à l’AP-HP conteste. "Quand j’entends que l’on a décidé tout à la va-vite, c’est faux. On en discute depuis deux ans. Aujourd’hui, ce qui peut étonner, c’est qu’on décide", explique Jean-Yves Fagon. Pourtant, des médecins disent que les décisions prises le sont dans le plus grand flou et sans réelle concertation des équipes. Pourtant, c’est une évidence que les personnes suivies à l’hôpital Cochin ou à l’hôpital Pompidou par exemple n’ont pas été consultées puisque que ce sont les médecins qui font part des projets de déménagements au fil des consultations. Les collectifs de patients, les associations de lutte contre le sida n’ont pas été consultées sur les projets ni même informées sur leur nature. Collectifs et associations ont d’ailleurs demandé un moratoire sur les grandes manœuvres en cours pour reprendre à zéro les projets de restructuration des services VIH d’Île-de-France et pouvoir ainsi mettre en avant leurs demandes concernant les conditions de transferts ou de suppression de services, mais surtout le maintien d’une prise en charge optimale, ce que les projets actuels sont loin de garantir… (suite de l’article)
Source : http://www.seronet.info/
FRANCE : Outremer : des associations demandent une conférence sur le sida
©AFP / 16 février 2010
PARIS - A l’occasion de la visite de Nicolas Sarkozy en Martinique et en Guyane, mercredi et jeudi, des associations, dont Aides et Act Up-Paris, "exigent une conférence sur le sida parmi les populations ultramarines".
"Les départements d’outre-mer (Martinique, Guyane, Guadeloupe, Réunion) sont parmi les plus touchés par le VIH et le sida", souligne mardi un communiqué de presse interassociatif. La Guyane, considérée en situation d’épidémie généralisée par le Conseil national du sida, "est 8 à 18 fois plus touchée que l’hexagone", disent les associations. "Entre 2005 et 2008, le taux annuel de découvertes de séropositivité au VIH a augmenté de 40% dans les Dom (contre 16% dans l’hexagone), atteignant 28 découvertes pour 100.000 habitants (contre 7 pour 100.000 dans l’hexagone)", précisent-elles. Elles demandent au président de la République "d’exprimer son soutien à l’appel interassociatif lancé le 30 novembre pour une conférence sur le sida parmi les populations ultramarines". Le communiqué est signé notamment par Tjenbé Rèd (association de lutte contre les homophobies, les racismes et le sida), CollectifDOM, Aides, Act Up-Paris, Sidaction et Élus locaux contre le sida.
Source : http://www.romandie.com/
FRANCE : Incidence du VIH dans les milieux gays parisiens : des résultats préoccupants
Enquête Prévagay
Rédigé le 16 février 2010
Lancée au printemps 2009, l’enquête Prévagay avait pour but d’évaluer la séroprévalence du VIH chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) et fréquentant des établissements de convivialité gays parisiens. Depuis le début de l’épidémie, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes restent largement touchés par le VIH-sida. La situation est préoccupante en Europe et en France car les rapports homosexuels masculins restent le mode de contamination pour lequel aucune baisse des nouveaux diagnostics n’a été enregistrée depuis le début des années 2000. Parallèlement, on constate dans cette population une recrudescence des comportements sexuels à risque et une augmentation des infections sexuellement transmissibles… (suite de l’article)
Source : http://femmesida.veille.inist.fr/
mardi 16 février 2010
par GS
La Cour des comptes vient de rendre son rapport public annuel 2010. La partie intitulée « La politique de lutte contre le VIH/sida », intéresse tout particulièrement notre association. Ce texte dense, qu’il faut lire, se centre sur « la poursuite de l’épidémie » et dénonce une « politique publique insuffisamment active », mais il développe aussi des réflexions franchement inquiétantes qui posent question sur ses conditions d’élaboration.
Si nous suivons ce rapport sur la nécessité de « renforcer la prévention et le dépistage » en revanche il nous semble méconnaître la complexité de la situation réelle parmi les homosexuels. Au sujet des établissements commerciaux qui accueillent des activités sexuelles entre leurs clients, on s’étonne ainsi de lire (p. 602) : « Ces établissements ne sont pas régis par une réglementation sanitaire qui imposerait à leurs exploitants d’inciter leurs clients à protéger leurs partenaires lors de rapports sexuels se déroulant dans leurs locaux ni, a fortiori, de sanctionner par une exclusion l’absence de respect des consignes de prévention. »
On ne s’étonnerait pas plus de cette remarque si un peu plus loin le rapport ne préconisait (p. 603) : « Le plan national de lutte contre le VIH/sida pour les années 2001- 2004 établi par le ministère de la santé prévoyait l’instauration d’une réglementation sanitaire adaptée aux risques particuliers de transmission du VIH liés à l’activité de ces établissements. Cette orientation, qui a été abandonnée sans expertise préalable, mériterait d’être remise à l’étude. » Si le rapport entend ici qu’il faille travailler l’hygiène des établissements, la visibilité des messages de prévention ou mettre à disposition des clients encore plus de matériel de prévention, nous ne pouvons qu’y souscrire. S’il s’agit d’établir une police des sexualités dans les établissements, ce serait une autre affaire. Si au début de l’épidémie, certains ont tenté d’imposer la fermeture des établissements de sexe, la majorité des acteurs de la lute contre le sida conviennent qu’il est préférable d’obtenir une participation volontaire de chacun dans la lutte contre l’infection à VIH et notamment celles des établissements commerciaux, pour plus d’efficacité.
Ces éléments nous sembleraient sans réelle conséquence si un long paragraphe ne jetait le trouble. Il faut le citer intégralement afin d’éviter tout procès d’intention (p. 601) : « Au début de l’épidémie, était affirmée l’idée que chacun devait se protéger d’une primo-infection ou de l’aggravation d’une infection, indépendamment du comportement ou du statut sérologique du partenaire. A partir des années 1990, a été avancée l’idée d’une responsabilité partagée des partenaires dans l’acte de prévention, quel que soit leur statut sérologique. Compte tenu de la poursuite de l’épidémie et de l’allongement de l’espérance de vie des personnes atteintes par le VIH, les messages de prévention financés sur fonds publics devraient faire explicitement appel à la responsabilité des personnes connaissant leur séropositivité à l’égard de leurs partenaires réguliers ou occasionnels. » On ne peut être plus clair. Pour la Cour des comptes alors que jusque dans les années 2000 la responsabilité de la non-transmission reposait sur la pleine responsabilité de chaque individu, qu’il s’agisse de se protéger soi ou de protéger autrui, désormais à ses yeux elle reposerait d’abord sur les seules personnes séropositives. Bref, si on suit l’avis de la Cour des Comptes, il n’y a plus aucune notion de responsabilité partagée quel que soit le cas de figure… (suite de l’article)
Source : http://www.thewarning.info/
ENTREVUE : « Nous voulons devenir un lieu d’entraide pour tous les homos d’Aquitaine »
Par Mathieu Bouthier mardi 16 février 2010
INTERVIEW. Le seul et unique centre LGBT d’Aquitaine vient d’ouvrir à Bordeaux. Son nom : le Girofard. Rencontre avec Jean-Christophe Testud, son président
TÊTU : Vous présidez le Girofard depuis deux ans. Depuis longtemps, ce collectif d’associations gay, lesbiennes, bi et trans bataille pour l’ouverture d’un centre LGBT à Bordeaux, et c’est désormais chose faite. A quoi va servir ce lieu ?
Avec ce local, en plein centre-ville, nous disposons d’un espace assez idéal pour répondre à nos différentes problématiques. Nous avons conservé le découpage originel du lieu, une grande vitrine s’ouvre sur la rue, appuyant notre visibilité. De plus nous disposons d’une salle dans laquelle on peut recevoir le public et présenter nos brochures. On peut désormais s’entretenir, discuter autour d’un café à plusieurs, tandis qu’au fond, d’autres personnes seront reçues dans une salle isolée, où la confidentialité sera préservée. En clair : visibilité et confidentialité.
Quelles sont en 2010, les attentes des gays et lesbiennes bordelais ?
Les LGBT auxquels on s’adresse ne sont pas seulement bordelais, mais aquitains. Et leurs principales demandes se résument en trois grands axes : la parentalité, l’assistance juridique et la prise de parole. Par ailleurs, nous avons déjà été contactés pour intervenir en milieu scolaire et rural. Sans compter nos projets en matière de santé. Nous envisageons aussi de proposer des entretiens individuels avec des psychologues. Ensuite, grâce à la présence d’Aides Gironde dans le collectif et si les conditions de confidentialité et d’hygiène nous le permettent, il est question d’organiser un dépistage gratuit et rapide du sida. Avec tous ces projets, l’embauche d’un salarié à plein temps nous permettrait d’élargir nos plages horaires d’accueil. Plus tard, nous projetons de proposer des entretiens individuels avec des juristes, d’organiser des débats... Bref, nous tenons à devenir un lieu de référence pour l’entraide et l’information à destination de tous les homos d’Aquitaine… (suite de l’article)
Source : http://www.tetu.com/actualites/
CANADA : Vancouver : Campagne de sensibilisation au VIH/SIDA
14 février 2010
A l’occasion des Jeux de Vancouver, une campagne de sensibilisation intitulée "Ensemble nous pouvons mettre un terme au VIH/SIDA", a été lancée auprès des athlètes. La Vancouver Costal Health, la régie de santé publique qui fournit des services sanitaires et hospitaliers pendant les Jeux, l’ONUSIDA, le COVAN et le CIO ont en effet uni leurs efforts pour informer sur le VIH et recruter les athlètes en tant qu’ambassadeurs pour sensibiliser à cette épidémie. Responsabilité des athlètes
Des affiches et des brochures sur le VIH/SIDA ont été distribuées au village olympique ainsi qu’un dossier d’information du CIO spécialement destiné aux athlètes. Des préservatifs seront distribués pendant les Jeux et à disposition dans les polycliniques des villages olympiques. Comme l’a déclaré Frank Fredericks, quadruple médaillé d’argent olympique en athlétisme et président de la commission des athlètes du CIO : "En tant qu’athlète, je donnais le meilleur de moi-même sur la piste, mais je ne jouais pas avec ma vie ni avec celle des autres. Protégez-vous contre le VIH/SIDA". Aujourd’hui, un athlète est un modèle pour les jeunes et les autres membres de sa communauté. Aussi, il est de son devoir et responsabilité de faire entendre sa voix et passer des messages concernant la prévention du VIH, les soins et le soutien… (suite de l’article)
Source : http://www.olympic.org/fr/


