ÉGYPTE : Un récent rapport soulève les craintes d’épidémie de VIH - RECHERCHE : La longue quête d’un vaccin prophylactique - ÉTUDE : La circoncision modifie le microbiome pénien - RECHERCHE : Infection à VIH et neurosyphilis - AFRIQUE : L’échec thérapeutique trop souvent mal détecté - SÉNÉGAL : L’explosion du sida peut partir du Sénégal Oriental - SÉNÉGAL : Menaces pour les groupes à risque : le piège du faible taux général - RECHERCHE : Une avancée dans l’étude des protéines virales - ANGOLA : Campagne de sensibilisation contre le sida - SUISSE : Les gays pourront-ils donner leur sang ? - ONUSIDA : Michel Sidibé, un Malien en croisade contre le VIH-sida

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ÉGYPTE : Un récent rapport soulève les craintes d’épidémie de VIH
ae/ed/cb/gd/ail
LE CAIRE, 8 janvier 2010 (PlusNews) - D’après un récent rapport, l’Égypte se dirige vers une « épidémie concentrée de VIH », alors qu’un nombre croissant de patients infectés au VIH est enregistré.
Le rapport, publié fin décembre par le Centre d’appui à l’information et à la décision [Information and Decision Support Centre], la branche du cabinet égyptien qui se consacre à la recherche, n’est pas encore disponible en ligne. Il soutient qu’à la fin 2008, 3 735 Égyptiens vivaient avec le VIH, dont 963 (25,8 pour cent) avaient développé le sida. Selon des ONG locales de lutte contre le VIH/SIDA et le Programme commun des Nations Unies sur le sida (ONUSIDA), ce chiffre pourrait être beaucoup plus élevé. Bien que le nombre de cas de VIH/SIDA soit peu élevé en Égypte en comparaison avec nombre d’autres pays, le rapport a ébranlé de nombreux habitants de ce pays musulman et conservateur où les relations sexuelles extraconjugales sont interdites. « Les comportements sexuels à risque ne peuvent être contrôlés », a dit à IRIN Magdy Badran, un éminent immunologiste égyptien. « On assiste également à une véritable expansion de la toxicomanie dans ce pays. Ce sont des facteurs qui peuvent fortement contribuer à la propagation de la maladie ». Le rapport, le premier du genre à être rédigé par une institution aussi importante, affirme que le nombre de cas de VIH a été multiplié par six entre 1994 et 2008 et qu’il existe des cas de VIH dans tous les gouvernorats d’Egypte à l’exception des régions nord et sud de la péninsule du Sinaï. Ce sont toutefois les deux plus grandes villes du pays, Le Caire et Alexandrie, qui comptent le plus grand nombre de cas. D’après le rapport, environ 75 pour cent des Égyptiens qui vivent avec le VIH sont âgés de 25 à 49 ans, ce qui correspond à la tranche la plus productive de la population… (suite de l’article)
Source : http://www.irinnews.org/fr/
RECHERCHE : La longue quête d’un vaccin prophylactique
Par Jean-Daniel Lelièvre, Hôpital Henri Mondor (France), 8 janvier 2010
De nombreux obstacles restent à franchir avant la mise au point d’un vaccin anti VIH prophylactique. Cependant, les résultats de l’essai « Thaï »1 apportent des éléments nouveaux permettant d’envisager avec plus de sérénité l’avenir dans ce domaine de recherche.
Cet article a été publié dans Transcriptases n°142
Quelle protection apportent les vaccins ?
La totalité des vaccins dirigés contre des infections virales disponibles sur le marché induisent la sécrétion par l’organisme d’anticorps neutralisants, c’est-à-dire d’anticorps susceptibles d’empêcher un virus de pénétrer dans sa cellule cible. Ainsi la mise au point d’un vaccin contre un nouveau variant de la grippe repose sur l’aptitude d’un tel vaccin à induire des anticorps neutralisants.
Qu’en est-il de l’infection par le virus VIH ? La réponse immunitaire dans cette infection ne permet pas de protéger contre l’infection naturelle. Si des anticorps neutralisants peuvent être décelés chez des sujets séropositifs pour le VIH, ceux-ci n’empêchent pas la maladie d’évoluer vers un déficit immunitaire en l’absence de traitement. A l’inverse, la réponse cellulaire médiée par les lymphocytes T CD8, bien qu’incapable de permettre l’éradication du virus, est par contre susceptible de contrôler sa réplication. Le niveau de contrôle de la réplication virale par la réponse T CD8 a des effets à l’échelon individuel (plus elle est importante, plus la charge virale est basse et moins la maladie évolue) et à l’échelon collectif (le risque de transmission sexuelle du virus est directement corrélé au niveau de la charge virale dans le sang). Ces corrélats de protection immunitaire ont conduit à privilégier la mise au point d’un vaccin susceptible d’induire préférentiellement une réponse immunitaire de type cellulaire.
Quel type de vaccin utiliser ?
Un seul type de vaccin est susceptible d’induire une réponse cellulaire, il s’agit des vaccins vivants atténués (exemple : vaccin anti-poliomyélitique oral). Les autres vaccins (vaccins vivants atténués comme celui de la grippe, vaccin protéique anti-hépatite B) s’accompagnent presque uniquement d’une réponse anticorps. Les vaccins vivants atténués sont produits à partir de microorganismes dont on a diminué le pouvoir pathogène in vitro au laboratoire en les cultivant de manière itérative.S’ils sont d’excellents immunogènes, ces vaccins posent le problème d’un possible retour à la virulence du microorganisme. Ainsi le vaccin anti-poliomyélitique oral peut entraîner, bien que de manière exceptionnelle, une poliomyélite chez le sujet vacciné. L’utilisation de ce type de vaccin n’est donc pas envisageable dans le cadre de l’infection VIH, et il a été nécessaire de réfléchir à la mise au point de nouveaux vaccins permettant d’obtenir une réponse cellulaire.Cette réponse ne peut être obtenue que si le vaccin pénètre à l’intérieur des cellules qui sont les premiers maillons de la réponse immunitaire, les cellules dendritiques. A l’intérieur de ces cellules, le vaccin est digéré en fragments protéiques, lesquels seront présentés à la surface membranaire et induiront une réponse immunitaire.Il est possible de faire pénétrer des protéines à l’intérieur des cellules dendritiques en utilisant différents systèmes. Le premier consiste à utiliser un virus vivant non pathogène que l’on a modifié pour lui faire exprimer des protéines étrangères, dans le cas qui nous intéresse des protéines du VIH. Les virus de ce type actuellement utilisés sont des virus de type adénovirus (essai STEP) et des virus dérivés du virus de la variole (essai Thaï).Ces vaccins, étant des virus, sont capables d’induire dans l’organisme une réponse immunitaire contre les protéines qu’on leur a fait artificiellement exprimer mais également contre leurs propres protéines. Des anticorps dirigés contre le vecteur viral peuvent préexister à la vaccination, soit parce que le vecteur utilisé est un virus largement répandu (les adénovirus sont les virus du rhume, et des anticorps contre ces virus sont donc présents chez une grande partie de la population), soit parce qu’il a déjà été utilisé comme vaccin (les individus de plus de 40 ans ont été vaccinés contre la variole et possèdent des anticorps contre les virus de cette famille).
La présence de ces anticorps les rend inefficaces soit en primo-vaccination (préexistence d’anticorps) soit lors des rappels (induction d’anticorps après la première vaccination). Ces limites ont conduit à chercher d’autres modes de vectorisation des protéines leur permettant de s’exprimer dans des cellules dendritiques. La première consiste à utiliser des fragments d’ADN codant pour ces protéines. Ce type d’approche à été utilisé avec succès en médecine vétérinaire. L’ADN codant est injecté avec des adjuvants lui permettant de pénétrer dans les cellules dendritiques.
L’autre option est de faire pénétrer les protéines, sans recourir à l’étape ADN, dans les cellules dendritiques en les couplant avec un lipide. Ce type de construction appelée lipopeptide est le candidat vaccin développé en France par l’ANRS. Il permet de s’affranchir de la nécessité d’un adjuvant mais est malheureusement assez peu immunogénique… (suite de l’article)
Source : http://www.vih.org/
ÉTUDE : La circoncision modifie le microbiome pénien
Par Aude Segond, Crips (France), 7 janvier 2010
Une étude montre que la circoncision modifie l’écosystème bactérien du pénis. Elle réduit en particulier les bactéries anaérobies pro-inflammatoires.
À l’initiative du NIH américain, un projet de décryptage du microbiome humain utilisant des outils de biologie moléculaire est en cours. Le microbiome ou écosystème bactérien humain est l’ensemble des collectivités de microbes qui existent à l’extérieur comme à l’intérieur du corps humain. Dans ce cadre, un travail a été mené sur le microbiome pénien.
Lance Price et son équipe ont analysé les microbiotes (bactéries du microbiome) du pénis chez douze hommes ougandais séronégatifs pour le VIH, avant et après circoncision. Parmi les quarante-deux familles bactériennes identifiées, les plus représentées sont les Pseudomonas et les Oxalobacter, indépendamment du statut par rapport à la circoncision.La circoncision est associée à une diminution significative des familles de bactéries anaérobies. Deux familles en particulier, les Clostridiales et les Prevotella, ne sont abondantes que chez les hommes non circoncis. Dans ces familles, sont identifiées de nombreuses bactéries du genre anaérobie associées à la vaginose bactérienne : Anaerococcus spp., Finegoldia spp., Peptoniphilus spp. et Prevatelle spp. Ceci corrobore les observations constatant une réduction des vaginoses bactériennes chez les femmes dont le partenaire est circoncis. Les auteurs concluent que "le micro-environnement anoxique dans l’espace sous-prépucien est favorable au développement des bactéries pro-inflammatoires. Celles-ci peuvent activer les cellules de Langerhans, cellules qui présentent le VIH aux lymphocytes T CD4+ dans les ganglions lymphatiques. De ce fait, la réduction des bactéries anaérobies après la circoncision peut jouer un rôle dans la protection contre le VIH ou même d’autres infections sexuellement transmissibles."Ce mécanisme de modification du microbiome pénien s’ajouterait aux deux déjà décrits pour expliquer l’efficacité de la circoncision dans la prévention de la transmission sexuelle femme-homme du VIH : la réduction de la surface muqueuse pénienne exposée aux sécrétions vaginales et la kératinisation de la muqueuse du gland.
The effects of circumcision on the penis microbiome (PDF, en anglais, 648Ko) / L. B. Price et all. - PloS One, 6 janvier 2010, vol. 5, n° 1 e8422. - 12 p.
Source : http://www.vih.org/
RECHERCHE : Infection à VIH et neurosyphilis
Rédigé le 7 janvier 2010
Lors du 18e congrès de l’European Academy of Dermatology and Venereology (EADV) qui s’est tenu à Berlin du 7 au 11 octobre 2009, une équipe marocaine a présenté une imposante série de neurosyphilis chez des sujets infectés par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH).
Données épidémiologiques
La syphilis est une maladie infectieuse sexuellement transmissible et contagieuse due à Treponema pallidum. Elle se caractérise par sa très grande contagiosité. La contamination se fait par voie sexuelle dans 95 % des cas (pénétration vaginale et anale non protégées, fellation) et plus rarement périnatale (transmission de la mère au fœtus), lors de transfusions ou d’échange de seringues, ainsi que par contact (soignants). L’incubation est asymptomatique et dure environ 3 semaines, délai qui peut être raccourci s’il existe une porte d’entrée préalable (herpès). On distingue plusieurs stades dans l’évolution de la maladie :
La syphilis récente qui regroupe la syphilis primaire, la syphilis secondaire et la syphilis latente précoce ;
La syphilis tardive qui comprend la syphilis latente tardive et la syphilis tertiaire.
La neurosyphilis est la complication neurologique la plus grave de la syphilis active. En l’absence de traitement, 9,4 % des hommes et 5 % des femmes [1] ayant eu une syphilis évoluent vers une neurosyphilis. Bien que devenue rare, la neurosyphilis doit être évoquée devant un tableau démentiel a fortiori atypique. Il apparaît que les formes tardives de la syphilis ne sont pas exceptionnelles chez des sujets non ou insuffisamment traités. Selon les auteurs de cette étude présentée à l’EADV, l’infection à VIH est un facteur favorisant la survenue de formes précoces de neurosyphilis à type de méningo-encéphalites ou d’atrophies optiques.
Avant 2000 sur un suivi de 164 patients, plus de la moitié étaient des syphilis « parenchymateuses » et moins fréquemment des formes vasculaires, des formes asymptomatiques et des atrophies optiques.
Après 2000, il semble que les formes asymptomatiques aient été les plus fréquentes, diagnostiquées par une sérologie positive isolée du VDRL [2] au niveau du liquide céphalo-rachidien.
En France, une étude [3] a colligé les cas de syphilis signalés entre le 01/01/2004 et le 31/12/2007 chez les patients VIH inclus dans la cohorte Aquitaine. Au total, 144 cas de syphilis ont été signalés. Le nombre de cas augmentait jusqu’en 2006 (17 en 2004, 57 en 2006) et diminuait en 2007 (32 cas). Tous étaient des hommes, d’âge médian 41 ans [35-47], connaissant leur séropositivité depuis 7 ans [3,5-11,6]. Ils étaient homobisexuels pour 87 % d’entre eux, 8 % avaient un antécédent d’infection sexuellement transmissible (IST), 20 % un antécédent de syphilis.
En ce qui concerne les stades de la maladie : - 46 % présentaient une syphilis secondaire ; - 21 % une syphilis primaire ; - 19 % une syphilis latente ; - 14 % une syphilis primo-secondaire ; - 7 % des patients avait une neurosyphilis, survenant toujours en phase précoce… (suite de l’article)
Source : http://femmesida.veille.inist.fr/
AFRIQUE : L’échec thérapeutique trop souvent mal détecté
ks/go/cd/ail
JOHANNESBOURG, 7 janvier 2010 (PlusNews) - Trop nombreux sont les patients séropositifs qui meurent en Afrique en raison de problèmes de diagnostic et de mauvaise gestion des traitements antirétroviraux (ARV), dans les milieux où les ressources sont limitées.
Selon un article d’opinion co-rédigé par plusieurs spécialistes du VIH/SIDA, publié dans le dernier numéro du journal médical britannique The Lancet, les critères actuels pour détecter les échecs thérapeutiques en Afrique ne sont pas fiables : de nombreux patients ne sont pas diagnostiqués correctement et d’autres doivent abandonner inutilement leur traitement de première génération pour un traitement de deuxième ligne plus onéreux, et ce, « à grands frais pour les patients et les programmes ». La plupart des pays à revenu faible n’ont pas les ressources ou la main d’œuvre nécessaire pour surveiller les patients sous thérapie ARV. Par exemple, dans les pays à revenu élevé, les patients subissent régulièrement des tests laboratoires. En revanche, au Malawi, où seule une clinique ARV sur quatre dispose des installations nécessaires pour mesurer le taux de CD4 (qui évalue la résistance du système immunitaire) et où les établissements sont encore moins nombreux à pouvoir faire aux patients des tests de charge virale (qui mesurent la quantité de virus dans le sang), les travailleurs sanitaires se fient principalement aux symptômes cliniques pour détecter les échecs thérapeutiques. Comme le soulignent les auteurs de l’article, dans les cliniques ARV, « la demande est généralement élevée et le personnel fait défaut. Dans de telles circonstances, une évaluation clinique approfondie est souvent impossible et les nouvelles conditions cliniques peuvent ne pas être détectées »… (suite de l’article)
Source : http://www.irinnews.org/fr/
SÉNÉGAL : L’explosion du sida peut partir du Sénégal Oriental
ADI
Tambacounda, 6 déc (APS) - Une explosion de l’épidémie du Sida peut partir de la région naturelle du Sénégal oriental (Tambacounda et Kédougou), si elle ne fait pas l’objet d’une grande attention, compte tenu de sa position géographique et de l’exploitation minière qui s’exerce dans cette partie du pays, a averti mercredi le docteur Ibra Ndoye. ‘’Si nous ne faisons pas très attention à cette région (Tambacounda) de même que Kédougou, l’explosion de l’épidémie peut partir de ces régions’’, a averti le secrétaire exécutif du Conseil national de lutte contre le Sida (CNLS).
À la tête d’une caravane de sensibilisation, composée de l’unité mobile de communication du CNLS, et d’une équipe de dépistage, le Dr Ndoye assistait au lancement à Tambacounda de la Semaine régionale d’accélération de la réponse au VIH/Sida du 2 au 9 janvier. La manifestation a eu lieu en présence de Ahmadou Bamba Koné, adjoint au gouverneur, du préfet Abdou Bodian, ainsi que de représentantes d’une bonne partie des associations féminines. Compte tenu de sa position géographique, Tambacounda prise en ‘’sandwich’’ entre quatre à cinq pays, est une ‘’région vulnérable’’, a fait constater le chercheur. A cet emplacement de la zone, il a ajouté sa ‘’vulnérabilité économique’’. ‘’Nous devons faire très attention au développement des mines et accompagner ce développement avec une politique de prévention’’, a-t-il également noté, concernant la région de Kédougou. ‘’En Afrique australe, l’épidémie du Sida s’est développée à partir des mines’’, a noté Ibra Ndoye, qui a souligné le fait que les zones aurifères accueillent des personnes originaires de différents pays… (suite de l’article)
Source : http://www.aps.sn/
SÉNÉGAL : Menaces pour les groupes à risque : le piège du faible taux général
7 janvier 2010
Dakar. Dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, l’épidémie de VIH est concentrée chez les homosexuels et les prostituées, qui sont fortement stigmatisés par la société. Cet état de fait complexifie grandement les actions de prévention. Certains experts parlent de « bombe à retardement ». Reportage à Dakar et à Thiès, publié hier sur le site du journal suisse Le Temps.
Par Olivier DESSIBOURG (http://letemps.ch)
La nuit tombe sur les Parcelles assainies, Unité 26. Dans ce quartier démuni de Dakar, Marie s’apprête à accueillir ses clients. Elle ira peut-être attendre à l’aéroport voisin l’un de ces hommes qui paient pour quelques instants d’assouvissement avec elle. De l’argent, 7 500 à 15 000 francs Cfa la passe (17 à 34 fr suisse.), qui fera vivre 15 personnes. Derrière le mur en béton, une cour en terre qu’embrument les âcres fumets du foyer. Trois chambres, puis une case sombre, un matelas déchiré, son lieu de travail. Sur le toit bêle une chevrette. Marie explique en wolof, son dialecte, qu’elle a eu de la chance, ce soir où le préservatif n’a pas tenu. Qu’elle a fait le test de dépistage du Vih – négatif – dans le poste de santé mobile de Enda Santé. Qu’elle a ensuite suivi les causeries de prévention de cette Ong soutenue par le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Et qu’elle sensibilise à son tour ses collègues travailleuses du sexe, la plupart séropositives. « Je leur dis qu’il faut systématiquement utiliser le préservatif, pour ne pas propager l’épidémie du sida. » Du Fonds mondial, même si elle profite de son soutien à travers Enda Santé, Marie ne connaît rien. Cet organisme international, basé à Genève, a été créé en 2001 pour lutter contre les trois maladies qui empêchent les populations défavorisées d’atteindre un niveau de santé acceptable. Le Fonds mondial ne mène pas d’actions lui-même, mais subventionne les plans de prévention et de soins élaborés par les pays. Récemment, la presse a été invitée à jauger ces activités au Sénégal.
Ce pays est souvent cité en exemple pour avoir mis très tôt sur pied des stratégies visant à endiguer le virus, puis à soigner les personnes séropositives - les traitements antirétroviraux (Arv) sont gratuits depuis 2004, sur décret du Président Wade -. Les effets observés s’inscrivent dans la tendance mondiale à la baisse de 17% des cas de contamination depuis 2001 (LT du 25.11.09). Au Sénégal, où vivent 12,5 millions d’habitants, la situation illustre toutefois bien les défis complexes auxquels le combat contre l’épidémie doit désormais faire face. Celle-ci est de type « concentré ». La prévalence, faible au sein de la population générale (0,7%) malgré des disparités régionales, reste élevée dans deux groupes à risque : les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (21,5%) et les travailleuses du sexe (19,8%). « Le contexte social rend difficile les actions de prévention », dit le Dr Bara Ndiaye, chef de projet à Enda Santé. Au Sénégal, pays à 95% musulman, un article de loi punit les actes « contre nature », telles les relations homosexuelles. Dès lors, « nous devons faire face à des agressions physiques et verbales dans la rue, venant dès fois des forces de l’ordre », dit Lamine, 29 ans, Secrétaire général de Xam Xamlé. Cette association, qui veut sensibiliser les gays sur l’importance d’utiliser des préservatifs et de se faire dépister régulièrement, est basée à Thiès. Dans cette ville, au printemps 2009, la dépouille d’un homosexuel a été exhumée et traînée dans les rues. Ailleurs, en décembre 2008, la Police a arrêté neuf hommes soupçonnés de violer, en privé, la loi en question. Ils ont été condamnés à 8 ans de prison, avant d’être relâchés.
LES DANGERS DE LA STIGMATISATION
En 2007, selon un sondage du Pew Research Center de Washington, 97% des Sénégalais pensaient que « l’homosexualité doit être rejetée ». « Cette stigmatisation est alimentée par les médias, qui qualifient souvent les gays de pervers », reprend le Dr Ndiaye. Toutefois, une loi est en discussion au Parlement, qui devrait permettre aux homosexuels de se défendre contre toute discrimination. « Car l’Etat, laïc, n’a strictement rien contre eux. Ne sont punis que les actes contre nature », souligne Moussa Mbaye, Secrétaire général du ministère de la Santé. Les prostituées aussi devraient profiter de cette nouvelle loi, car elles sont victimes de la même stigmatisation. « Nous sommes parfois rejetées par nos propres enfants, se désole Ndèye, qui est séropositive. Si la communauté découvre que nous sommes des travailleuses du sexe, notre voix ne compte plus, nous ne sommes plus des êtres humains… » Ainsi Marie et les prostituées travaillant dans sa maison close sont tolérées dans le quartier, mais pas intégrées. « Lorsque deux enfants sont morts chez elle du sida, aucun imam n’a voulu signer l’acte de décès », dit Ndèye Kébé, assistante sociale de Enda Santé. Des structures ont été mises en place pour encadrer ces prostituées. Celles qui ont plus de 21 ans doivent en principe se faire enregistrer auprès des services sociaux, et peuvent ainsi bénéficier de soins, d’informations, et de préservatifs, ceci bien sûr au détriment de leur anonymat. « Mais parfois, les policiers maltraitent des travailleuses du sexe, même si elles sont enregistrées », se plaint Mafa, l’une d’elles. Malgré les difficultés, le Dr Seyni Ndoye, chargé du suivi au Conseil national de lutte contre le Sida (Cnls) note les progrès dans ces actions de prévention contre le Sida parmi les groupes à risque : « 98% des prostituées déclarées disent utiliser le préservatif. Et l’on trouve chez elles moins de maladies sexuellement transmissibles. Les homosexuels aussi sont mieux encadrés. » Et d’avertir : « Le VIH semble maintenant se propager à la population hétérosexuelle en général. Il y a là un risque d’explosion de l’épidémie. Pour le contrer, il faudrait élargir la prévention. Or, les épidémiologistes qui valident les demandes au Fonds mondial rechignent à soutenir les programmes visant large, recommandant de cibler les groupes à risque. Il serait bien que ces experts viennent voir la réalité du terrain… » Selon Alice Desclaux, une anthropologue française qui travaille à Dakar sur ces questions, « il faut éviter que les plans de prévention ne créent un fossé, une sorte d’« exceptionnalisme », entre les groupes à risque et le reste de la population ». Une population qui est d’ailleurs de mieux en mieux informée sur les signes et comportements distinctifs de la maladie, et reconnaît ainsi les personnes vivant avec le Vih. « Parfois, l’information ne réduit pas la stigmatisation, mais la renforce. »… (suite de l’article)
Source : http://www.lequotidien.sn/
RECHERCHE : Une avancée dans l’étude des protéines virales
J.I. Sciences-et-Avenir.com, 6 janvier 2010
Des chercheurs canadiens ont fait une découverte importante concernant une protéine virale, indispensable à la propagation des virus. Dans le mécanisme de propagation de certains types de virus, la protéine Rev joue un rôle essentiel. Dans la revue Journal of Virology, les chercheurs de l’Université du Québec, à Montréal, évoque leurs travaux sur une molécule Rev, très différente des autres protéines du même type étudiées jusqu’à maintenant.
Ils ont utilisé comme modèle d’étude la protéine Rev du virus de l’immunodéficience bovine (VIB), un rétrovirus apparenté au virus du SIDA chez l’homme. Cette protéine, en se fixant aux ARN viraux qui se trouvent dans le noyau d’une cellule infectée, contribue au passage de la phase précoce à la phase tardive de l’infection. Pour remplir cette fonction, elle doit d’abord pouvoir pénétrer dans le noyau. Pour y arriver la protéine Rev a besoin d’une « clef » : c’est une structure d’acides aminés nommée « signal de localisation nucléaire (SNL) ». Au fil des ans, plusieurs chercheurs se sont intéressés au SNL de différentes protéines Rev. Jusqu’à maintenant, l’étude de ces protéines démontrait la présence d’un SNL monopartite, c’est-à-dire réparti en une seule séquence continue d’acides aminés. À leur grande surprise, les chercheurs ont découvert que la protéine Rev du VIB contenait plutôt un SNL bipartite - composé de deux motifs d’acides aminés séparés par une séquence d’autres acides aminés - une première mondiale pour ce type de protéines présentes chez tous les rétrovirus étudiés jusqu’à ce jour, incluant le virus du SIDA… (suite de l’article)
Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/
ANGOLA : Campagne de sensibilisation contre le Sida durant la CAN
8 janvier 2010
Luanda - Près de 2 mille activistes de lutte contre le VIH/Sida vont participer, du 10 au 31 janvier, à une campagne de sensibilisation, pour distribuer les préservatifs en dehors et dans sites de forte concentration de la population. Dans une déclaration à la presse, le porte-parole du réseau des associations de lutte contre le Sida (ANASO), Kito Simões, a indiqué que la campagne dénommée "carte rouge" sera réalisée autour de terrains, des locaux où sont montés des écrans géants ainsi que des hôtels et aéroports… (suite de l’article)
Source : http://www.portalangop.co.ao/
SUISSE : Les gays pourront-ils donner leur sang ?
Par jfl-seronet - Posté le 08 janvier 2010
Le Portugal, l’Italie et la Suède ont déjà décidé d’autoriser les homosexuels à donner leur sang. La Suisse pourrait suivre, comme l’explique un récent article de La Tribune de Genève.
Aujourd’hui, les gays sont toujours interdits de dons du sang en Suisse. D’autres groupes sont aussi exclus. C’est le cas des personnes usagères de drogues par injection ou des hétéros ayant des relations sexuelles avec un partenaire connu depuis moins de six mois. D’un point de vue sanitaire, ces restrictions existent pour "réduire au maximum (…) les risques de contamination par transfusion, du sida ou de l’hépatite". "Mais le vent est en train de tourner", constate La Tribune de Genève qui pointe notamment la récente décision de la Suède qui lèvera l’interdiction en mars 2010, à condition que le donneur n’ait pas eu de rapport avec un autre homme durant l’année précédente. Qu’en est-il en Suisse ? "Notre pays ne fait malheureusement pas partie des Etats courageux, critique Jean-Daniel Tissot, médecin-chef du Service vaudois de transfusion sanguine, cité par La Tribune de Genève. Certains principes de précaution sont pourtant inutiles". "Il n’y a ainsi pas davantage de risques à accepter le sang d’un homosexuel qui a une relation stable que celui d’un hétérosexuel", poursuit Jean-Daniel Tissot. L’exclusion des homosexuels du don de sang pourrait être supprimée d’ici un ou deux ans. "Un groupe de travail planche sur la question au sein du Service de transfusion sanguine de la Croix-Rouge suisse, qui chapeaute les centres et évalue les critères de dons, dont les minimaux sont fixés par le Conseil de l’Europe. Ses conclusions sont attendues l’an prochain", note La Tribune. Certains médecins s’attendent à ce que la Suisse adopte le modèle suédois. "Un tel changement de pratique serait bien accueilli par les militants homos et les professionnels de la prévention sida. "Il est vrai que les gays restent la population la plus touchée par le VIH, explique Deborah Glejser, porte-parole du Groupe sida Genève dans La Tribune de Genève. Mais le problème est que e questionnaire médical auquel doivent répondre les donneurs se base sur l’appartenance à un groupe et non sur le comportement effectif des gens. Il est temps de se rendre compte que les gays peuvent avoir des relations fidèles".
Source : http://www.seronet.info/
ONUSIDA : Michel Sidibé, un Malien en croisade contre le VIH SIDA
Par Mame Diarra DIOP, 7 janvier 2010
Infatigable, il se bat depuis près de 20 ans contre le fléau du VIH-SIDA en Afrique. Michel Sidibé, Directeur Exécutif de l’Onusida, est l’un de ces Maliens dont le parcours force l’admiration. « Ce que l’on fait, si on ne le fait pas avec le regard porté sur l’autre, avec à l’esprit de réduire les inégalités, alors, c’est une cause perdue… » . C’est-ce que vient de déclarer Michel Sidibé, en recevant la médaille de la légion d’honneur française à Bamako des mains de l’ambassadeur de France au Mali. Pour ce haut fonctionnaire des Nations-Unies en croisade contre le VIH SIDA, la lutte a commencé il y a trente ans de cela. "Je suis vraiment honoré de servir l’ONUSIDA. L’épidémie de sida n’est terminée dans aucune région du monde. Nous devons faire en sorte qu’il y ait un leadership et un engagement financier solides et sur le long terme pour agir contre le sida, qui soient fondés sur des données probantes et sur les droits de l’homme". Ces mots là, c’était à l’occasion de sa nomination au poste de Directeur exécutif de l’Onusida en décembre 2008. Depuis, ce Malien, originaire du Nord s’attelle à faire de ces mots une réalité concrète, progrès à la clé et espoir au cœur. Il n’en existe plus beaucoup des hommes aussi dévoués à une cause.
Homme de terrain, médiateur social
Fort d’une expérience de plus de 20 ans au service des Nations Unies, Michel Sidibé a travaillé pour l’ONUSIDA à Genève et l’UNICEF à New York et dans plusieurs pays d’Afrique. Il débute sa carrière dans la santé mondiale il y a 30 ans dans son pays natal le Mali, et s’implique dans la mise en œuvre de projets au bénéfice des populations nomades touaregs de la région de Tombouctou. Homme sociable et modeste, il a été consultant au Bureau africain pour la recherche appliquée, puis directeur Mali de la Fédération internationale de développement Terre des Hommes. Là il s’occupe de projets de développement régional au Mali et d’accès aux soins de santé primaires. Michel Sidibé est avant tout un homme de terrain, bien qu’il connaisse le confort feutré des postes Onusiens aujourd’hui. Il aurait pu s’y calfeutrer, mais il ne cesse de parcourir les villes, villages, communautés rurales pour toucher de près les hommes, épauler ceux qui n’ont rien demandé et souffrent de la maladie qui tue le plus en Afrique avec le paludisme et la tuberculose… (suite de l’article)
Source : http://www.journaldumali.com/


