Actualités VIH

Texte publié le mardi 5 janvier 2010.

DISCRIMINATION : Séropositifs : L’ONU salue la fin des restrictions d’accès aux États-Unis et en Corée du Sud - RECHERCHE : Le surfen, une amino-quinoline qui inhibe l’action des facteurs amplificateurs de l’infectiosité du VIH dans le sperme - RECHERCHE : Cinq questions sur la mise au point d’un vaccin anti-VIH - PAPOUASIE NOUVELLE-GUINÉE : L’épidémie de sida : il faut réagir, et vite - GABON : Des émeutes éclatent à la prison centrale de Lambaréné - CONGO : Inquiétude des acteurs anti-sida face aux violences - MALI : Femmes séropositives : sans complexe - SUISSE : Prévenir le sida avec des romans-photos - MALAWI : pas de remise en liberté pour le premier couple gay "marié" - COURS : Le sida au Collège de France - ÉTUDES : La circoncision : quel impact sur la propagation du VIH chez les hommes gais et bisexuels ?

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DISCRIMINATION : Séropositifs : L’ONU salue la fin des restrictions d’accès aux États-Unis et en Corée du Sud

4 janvier 2010 – Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, et le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) ont salué lundi l’entrée en vigueur de la levée des restrictions d’accès aux États-Unis et en Corée du Sud pour les séropositifs.

Cette décision est entrée en vigueur le 1er janvier en République de Corée et le lundi 4 janvier aux États-Unis, a précisé le porte-parole du Secrétaire général. Ban Ki-moon avait déjà félicité le Président américain Barack Obama quand le changement de politique américaine avait été annoncé en octobre 2009. Ces restrictions avaient été mises en place en 1987 aux États-Unis. Le Secrétaire général a répété lundi son appel à tous les autres pays qui appliquent de telles restrictions discriminatoires de prendre des mesures pour y mettre fin le plus tôt possible. De son côté, le directeur d’ONUSIDA, Michel Sidibé, a estimé que les décisions des États-Unis et de la Corée du Sud étaient « une victoire des droits de l’homme ». « J’appelle à la liberté de mouvement mondiale pour les personnes vivant avec le VIH en 2010 », a-t-il ajouté. « Une telle discrimination n’a pas sa place dans notre monde d’aujourd’hui très mobile ». Selon ONUSIDA, 57 pays et territoires appliquent des interdictions d’accès liées au VIH/sida.

Source : http://www.un.org/

RECHERCHE : Le surfen, une amino-quinoline qui inhibe l’action des facteurs amplificateurs de l’infectiosité du VIH dans le sperme

Rédigé le 5 janvier 2010

Des scientifiques du Gladstone Institute viennent de montrer que le surfen (bis-2-méthyl-4amino-quinolyl-6-carbamate) serait capable d’inhiber l’action de fragments peptidiques contenus dans le sperme qui possèdent la propriété d’amplifier l’infectiosité du virus de l’immunodéficience humaine (VIH).

Facteurs amplificateurs de l’infection virale dérivés du sperme

Münch et coll [1] ont montré qu’il existe dans le sperme des facteurs qui augmentent la capacité infectieuse du VIH. Il s’agit de fragments "actifs" de la protéine phosphatase acide prostatique (PAP), produite par la glande prostatique et sécrétée dans le sperme. Ces fragments dérivés de la PAP forment des fibrilles de type amyloïde qui interagissent directement avec les particules virales et favorisent leur interaction avec les cellules cibles, d’où leur appellation "SEVI" (Semen-derived enhancer of virus infection). Il a été établi que ces facteurs amplificateurs de l’infection virale dérivés du sperme étaient capables d’augmenter l’infection VIH des cellules mononucléaires sanguines, des macrophages primaires et des tissus lymphoïdes, ainsi que de favoriser la transmission du virus par les cellules dendritiques. La PAP reste présente dans le vagin jusqu’à 24 heures après un rapport sexuel, temps suffisant pour permettre sa dégradation avec formation de fragments et fibrilles constituant le SEVI. Il semble que les fibrilles de SEVI chargées positivement se lient à la fois aux cellules cibles et aux virions VIH, augmentant ainsi l’infectiosité en favorisant le contact physique entre ces deux composants.

Mécanismes d’entrée du VIH dans la cellule cible

L’entrée d’un virus dans une cellule est une étape essentielle du cycle infectieux viral. Cette étape se divise en 2 phases, qui conduisent d’abord à l’interaction du virus avec un ou des récepteurs spécifiques, puis à la pénétration dans la cellule cible du matériel génétique associé à la particule virale. La phase d’adsorption de la particule virale sur la surface cellulaire représente une cible thérapeutique attractive, notamment parce qu’elle se situe à l’extérieur de la cellule. Un nombre important de virus, dont le VIH, adhèrent aux surfaces cellulaires par l’intermédiaire de glycosaminoglycanes, notamment ceux de type héparanes sulfates. Dans la majorité des cas, cette interaction est une étape préalable à l’interaction virus/récepteur cellulaire, et, dans certains cas, elle représente un déterminant critique de l’infection.

Pour entrer dans les lymphocytes CD4, le VIH adhère donc aux surfaces cellulaires par l’intermédiaire de glycosaminoglycanes, notamment des polymères anioniques (chargés négativement) de type héparanes sulfates. La présence des fragments actifs dérivés de PAP et leur interaction avec les héparanes sulfates permettent ainsi aux virus de s’amarrer à la surface d’une cellule cible. Ces molécules constituant le SEVI jouent ici le rôle de "récepteur d’attachement" pour le virus. Le SEVI facilite la liaison du virus au lymphocyte CD4 et peut multiplier par 100 000 le potentiel infectieux du VIH1.

Le surfen, une molécule prometteuse

Ces constatations ont poussé les chercheurs à examiner si un antagoniste des héparanes sulfates pouvait inhiber l’action des facteurs amplificateurs de l’infection virale présents dans le sperme. Le surfen connu au préalable pour ses propriétés antibactériennes, notamment anti-trypanosomiases [2] et antiinflammatoires a été récemment identifié comme inhibiteur des polysaccharides héparanes sulfates présents à la surface des cellules, interférant ainsi avec le SEVI. Le Surfen bloque la liaison entre le SEVI et les héparanes sulfates des cellules cibles ce qui retentit sur l’interaction entre le SEVI et les virions VIH.

Conclusion

Les auteurs concluent que le surfen pourrait être ajouté dans la composition des microbicides actuels pour améliorer leur efficacité et réduire la transmission du VIH1 lors des contacts sexuels.

Dans la presse scientifique : The aminoquinoline surfen inhibits the action of semen-derived enhancer of viral infection (SEVI). Roan NR, Sowinski S, Muench J, Kirchhoff F, Greene WC, J Biol Chem. 2009 Nov 6.

[1] Semen-derived amyloid fibrils drastically enhance HIV infection, Münch J., Rücker E., Ständker L., Adermann K., Goffinet C., Schindler M., Wildum S., Chinnadurai R., Rajan D., Specht A., Giménez-Gallego G., Cuevas Sánchez P., Fowler D.M., Koulov A., Kelly J.W., Mothes W., Grivel J.-C., Margolis L., Keppler O.T., F, Cell, 2007, 131, 6, 1059-71

[2] DRUG EFFECTS ON THE FINE STRUCTURE OF TRYPANOSOMA RHODESIENSE : DIAMIDINES, R. F. MACADAM AND J. WILLIAMSON TRANSACTIONS OF THE ROYAL SOCIETY OF TROPICAL MEDICINE AND HYGIENE. Vol. 66. No. 6. 1972.

Source : http://femmesida.veille.inist.fr/

RECHERCHE : Cinq questions sur la mise au point d’un vaccin anti-VIH

Par Brigitte Autran, Inserm (France) 04/01/10

Entre désillusions et espoirs, une revue des obstacles que le VIH élève devant les barrières immunes et les résultats obtenus avec les principaux candidats vaccins élaborés à ce jour.

Cet article a été publié dans Transcriptases n°142.

Vingt-cinq ans de recherches d’un vaccin anti-VIH ont conduit à maintes désillusions. Un premier signal, ténu mais positif, provenant d’un large essai publié en octobre 2009, suggère qu’il pourrait être possible de vacciner. Pourquoi un si modeste résultat pour le VIH, alors qu’au cours de la même période, un vaccin efficace contre le papillomavirus, virus de découverte quasi contemporaine et couronnée d’un prix Nobel simultané, est déjà largement répandu ? En quoi le VIH diffère-t-il des autres infections et pourquoi ces modèles de vaccins si efficaces ne le sont-ils pas contre le VIH ?

1. Quels obstacles le VIH oppose-t-il à l’élaboration de vaccins efficaces ?

Par sa physiologie et sa capacité à infecter le système immunitaire, le VIH élève trois ordres d’obstacles contre des vaccins.

La plupart des vaccins efficaces bloquent les virus à leur porte d’entrée ou en limitent la dissémination. Ceci s’avère particulièrement difficile pour le VIH qui pénètre dans les muqueuses en utilisant des cellules immunes, les cellules dendritiques, le conduisant au tissu lymphoïde de drainage où il infectera des lymphocytes CD4 et pourra essaimer à l’ensemble du tissu lymphoïde en 24 heures. Comment une immunité vaccinale pourrait-elle être à ce point efficace ? Ce rétrovirus s’intègre immédiatement dans les gènes des cellules immunes capables de rester des années au repos et de garder le provirus invisible aux défenses immunitaires, puis de s’activer et libérer des milliards de particules virales à l’occasion d’une activation antigénique. On peut donc comparer le VIH à un « Cheval de Troie » du système immunitaire.

(Note de Fréquence VIH : écouter cette entrevue de Nicolas Chomont sur ces questions)

Une deuxième série d’obstacles est liée à la faible efficacité des anticorps neutralisants. En effet les vaccins antiviraux efficaces protègent grâce à des anticorps, généralement neutralisants bloquant la pénétration des virus dans leurs cellules cibles. Or ces anticorps ont un accès très limité aux rares régions conservées (fixes) que sont les sites de liaison du VIH à ses récepteurs CD4 ou CCR5, le corécepteur utilisé de façon majoritaire. Quelques anticorps neutralisants protecteurs dirigés contre ces sites de liaison ont pu être isolés chez des patients, mais aucune formulation vaccinale n’a pu à ce jour induire de tels anticorps. Un premier prototype, élaboré d’après les travaux de cristallographie nord-américains, pourrait cependant être en passe de succès, mais ceci reste à confirmer.

Un troisième obstacle majeur est lié à l’exceptionnelle variabilité génétique du VIH, virus à ARN doté d’une transcriptase inverse faisant de très fréquentes erreurs de copies. La variabilité du gène de l’enveloppe du VIH d’un seul individu infecté est comparable à la variabilité du virus influenza observée en un an sur toute la planète ! On peut imaginer la gageure que cela représente pour les vaccinologues.

Ainsi, tout concourt à rendre inefficientes les stratégies vaccinales conventionnelles.

2. Quelles stratégies vaccinales peuvent être élaborées à partir des études de l’immunité anti-VIH ?

L’immunité peut-elle protéger contre le VIH ? La question mérite d’être posée face à l’absence de guérison spontanée de cette infection, alors que les vaccins conventionnels sont dirigés contre des pathogènes pouvant induire une immunité protectrice et des guérisons spontanées. Deux séries d’observations semblent indiquer néanmoins qu’une immunité partiellement protectrice pourrait être élevée contre le VIH :

– Une prémunition contre l’infection est suggérée par plusieurs cohortes de sujets hautement exposés mais non infectés, mais semble surtout liée à certains gènes protecteurs, tels la délétion partielle du gène codant pour CCR5, et les mécanismes immuns n’en sont pas clairement identifiés.

– Une protection contre la progression de l’infection observée chez moins de 2% des patients infectés (les sujets asymptomatiques à long terme (ALT) et les « HIV Controllers »), est associée à de fortes réponses immunes médiées par les lymphocytes T, mais semble aussi dépendre du statut génétique, en particulier le système HLA.

L’analyse approfondie des paramètres de l’immunité anti-VIH au cours de l’infection établie montre par ailleurs deux éléments majeurs :

– les anticorps neutralisants anti-VIH ne semblent avoir qu’un rôle mineur dans la protection contre la progression de l’infection, mais d’autres anticorps pourraient avoir d’autres fonctions protectrices, encore insuffisamment explorées.

– les lymphocytes T CD8 cytotoxiques semblent jouer un rôle primordial comme l’attestent trois données : d’une part la perte du contrôle de l’infection SIV chez les macaques après élimination de leurs lymphocytes CD8, ensuite la corrélation inverse entre taux de lymphocytes T mémoires CD8 anti-VIH et charge virale après primo-infection, et enfin leur activité fonctionnelle intense chez les sujets non progresseurs. Des taux élevés de lymphocytes T CD4 anti-VIH semblent également associés au contrôle du VIH chez des sujets non progresseurs, mais ceci pourrait n’être que la conséquence et non la cause d’une réplication virale contrôlée...

De ces observations ont découlé les deux postulats que des vaccins de type conventionnel, inducteurs d’anticorps neutralisants anti-VIH, ne seraient pas efficaces, et que seuls des vaccins inducteurs de puissantes réponses T CD8 induiraient une protection.

3. Quelles stratégies vaccinales ont été mises à l’épreuve ?

Toutes ! Les stratégies « pasteuriennes » de vaccins inactivés avaient permis une protection des macaques contre l’infection SIV, mais ceci ne tenait qu’à la production sur cellules humaines de ce vaccin SIV, embarquant avec lui des protéines humaines antigéniques. La protection disparut lorsque le vaccin SIV inactivé fut produit sur cellules de macaques ! La stratégie d’inactivation parut de plus trop peu sécurisée et fut arrêtée. Alors que la stratégie « jennerienne » d’un vaccin vivant atténué paraissait encore plus hasardeuse, l’injection d’un virus SIV atténué par délétion du gène nef au macaque avait été suivie d’une protection contre la ré-infection par un SIV entier, pathogène. C’est à ce jour la seule protection vaccinale enregistrée contre le SIV, mais elle n’a cependant pas été poursuivie car ce virus atténué induisit un sida en quelques semaines chez les nouveau-nés macaques. Des stratégies plus novatrices d’induction d’anticorps, testées dès 1984 avec les enveloppes recombinantes ou des peptides de l’enveloppe du VIH, ont induit de premiers résultats encourageants dans un modèle animal non approprié de chimpanzé, non confirmés dans des modèles macaques ou surtout dans un large essai de phase III en Thaïlande. Cette succession d’échecs terminait les dix premières années de la recherche vaccinale contre le VIH et imposait le recours à de nouvelles stratégies.

4. Pourquoi sommes-nous entrés dans l’ère du prime-boost et des cellules CD8 ?

Le concept de « prime-boost », combinant une première immunisation par un vaccin suivie d’un second vaccin différent dirigé contre les mêmes antigènes viraux, vise à induire des réponses immunes complémentaires : cellules T puis anticorps, ou à amplifier des réponses T, essentiellement CD8. La stratégie du « tout CD8 » était ouverte, cependant limitée par deux éléments. Les cellules CD8 ne font en effet qu’éliminer des cellules infectées mais n’empêchent pas la pénétration du virus. De plus, l’induction de cellules T CD8 nécessite des vaccins vivants ou des fragments d’ADN « nu » codant pour les antigènes vaccinaux, ou des peptides. L’ADN nu a l’avantage théorique d’une capacité d’inclusion de larges fractions du génome viral, voire de plusieurs souches, et d’un coût modeste. Cependant, son immunogénicité, raisonnable chez les macaques, s’est avérée modeste chez l’homme, nécessitant de fortes doses. Les peptides, ou mieux lipopeptides, captés par les cellules présentatrices d’antigènes, peuvent induire de meilleures réponses CD8 spécifiques chez l’homme, mais sont de synthèse plus délicate, plus onéreuse, et peuvent difficilement couvrir de larges régions antigéniques. Les vecteurs viraux recombinants, compromis entre vaccin vivant et ADN nu, ont paru prometteurs. Des fragments d’ADN codant pour le VIH sont incorporés dans le génome d’un autre virus porteur, rendu non pathogène et non réplicatif par génie génétique. Deux familles ont été retenues. Les formes atténuées non réplicatives de poxvirus issues du virus de la vaccine (les MVA ou Nyvac), ou de la vaccine du canari (canarypox). Ces poxvirus recombinants induisent chez l’homme des réponses CD4 et de modestes réponses CD8, amplifiées par l’administration préalable d’un ADN nu codant pour les mêmes gènes du VIH. Les adénovirus génétiquement modifiés, non réplicatifs et recombinés avec des gènes du VIH, induisent des titres beaucoup plus élevés de cellules T CD8. Leur forte immunogénicité est cependant limitée par la présence, avant toute immunisation, chez environ 50% des sujets, d’anticorps neutralisants anti-adénovirus issus de contacts préalables avec ces virus. La multiplication des injections de tous ces candidats vaccins génère elle aussi des anticorps anti-vecteurs, limitant leur immunogénicité. Diverses combinaisons ont protégé les macaques, exposés secondairement au virus pathogène, non contre l’infection mais contre le sida, en limitant la réplication virale. Ainsi est né le concept d’une vaccination de type prime-boost visant non à prévenir l’infection VIH mais à en limiter la sévérité, à l’instar du BCG limitant la gravité de la tuberculose sans prévenir l’infection à mycobacterium tuberculosis.

5. Comment comprendre les essais STEP et Thaï ?

Deux grands essais de phase IIb ou III ont testé l’efficacité protectrice de ces dernières stratégies vaccinales sur des milliers de volontaires sains à haut risque de contamination VIH, évaluant la prévention de l’infection et la limitation de la réplication virale post-infection. L’essai STEP(1) utilisant l’adénovirus-5 (Ad5) recombiné pour les gènes gag, pol et nef, incluait 3000 sujets aux États-Unis, en Amérique du Sud et en Afrique du Sud, déjà porteurs pour la moitié d’anticorps anti-Ad5. Cet essai fut interrompu du fait d’un taux supérieur d’infections chez les volontaires vaccinés par rapport au bras placebo, sans réduction de charge virale. Cet effet ne s’est révélé significatif que chez des hommes non circoncis porteurs d’anticorps anti-Ad5 pré-existants, sans que des critères de protection puissent être identifiés.

Le large essai de phase III conduit sur 16000 volontaires thaïlandais, très critiqué initialement car combinant deux candidats vaccins n’ayant donné que des résultats préalables modestes (le canarypox) ou négatifs (la glycoprotéine gp120 recombinante soluble), a montré cependant une réduction modeste (31%) mais significative d’infections VIH chez les vaccinés par rapport au groupe placebo(2). Néanmoins, l’absence de significativité dans l’analyse par protocole (prenant en compte les infections survenues chez les volontaires ayant reçu l’ensemble des injections de vaccin contrairement à l’analyse en intention de traiter) et de corrélats de protection (corrélation entre la protection contre l’infection VIH et une réponse immune caractérisée cellulaire ou humorale par exemple anticorps) limitent la portée de ce résultat. Il faut malgré tout souligner qu’il s’agit du premier signal positif survenu depuis les débuts des recherches sur le vaccin anti-VIH.

Conclusion

Où en sommes-nous aujourd’hui ? D’autres essais sont en cours avec ce type de vecteurs, notamment en France avec des lipopeptides ; de nouveaux adénovirus chimères évitant les anticorps anti-Ad5 ou des vecteurs réplicatifs sont en cours d’élaboration. Surtout, les résultats négatifs de l’essai STEP ont conduit à la prise en compte dans le schéma des essais d’efficacité des autres modalités de prévention telles que la circoncision, et à la remise en question du « tout CD8 », relançant les stratégies anticorps. Malgré cette longue série d’échecs, la quête d’un vaccin doit continuer et ne peut être interrompue tant l’urgence est grande face à cette infection dévastatrice.

Références

Antibodies, viruses and vaccines, Burton DR, Nature, 2002, 2, 706

HIV Vaccines, Michael AJ, Annu Rev Immunol, 2006, 24, 227-55

The Rational Design of an AIDS Vaccine, Douek DC, Kwong PD, Nabel GJ, Cell, 2006, 124

1. 1. Buchbinder S, Mehrotra D, Duerr A et al., « Efficacy assessment of a cell-mediated immunity HIV-1 vaccine (the Step Study) : a double-blind, randomised, placebo-controlled, test-of-concept trial », Lancet, 2008, 372, 9653, 1881-93

2. 2. Rerks-Ngarm S, Pitisuttithum P, Nitayaphan S et al., « Vaccination with ALVAC and AIDSVAX to Prevent HIV-1 Infection in Thailand », N Engl J Med, 2009 (mis en ligne sur nejm.org)

Source : http://www.vih.org/

PAPOUASIE NOUVELLE-GUINÉE : L’épidémie de sida en Papouasie Nouvelle Guinée : il faut réagir, et vite

Brèves du Pacifique - 01/01/2010

Le sida progresse dans les pays du Pacifique, où actuellement 100 000 personnes sont infectées par le virus. Le record est détenu par la Papouasie Nouvelle Guinée, qui concentre 90% des cas.

Dans toutes les nations du Pacifique, les principaux vecteurs de contamination sont la prostitution, le tourisme et l’arrivée de travailleurs étrangers. Mais la Papouasie Nouvelle Guinée est un cas spécial, qui se rapproche plus des pays d’Afrique subsaharienne, explique le Dr Prasada Rao, directeur de l’équipe régionale de lutte contre le sida des Nations Unies : “En Papouasie, les principales causes de contamination sont la multiplication des partenaires sexuels et un haut niveau de violences contre les femmes“, souligne-t-il. Le Dr Prasada Rao appelle tous les pays du Pacifique et spécifiquement la Papouasie Nouvelle Guinée à agir au plus vite.

Source : http://24hdanslepacifique.com/

GABON : Des émeutes éclatent à la prison centrale de Lambaréné

Libreville, le 4 Janvier 2010

Une mutinerie a eu lieu le 3 janvier 2010 à la prison centrale de Lambaréné dans la province du Moyen Ogooué au centre du Gabon. Ces émeutes auraient eu lieu à la suite de la mort d’une détenue malade du sida dans une cellule. En colère les détenus ont également profité de cette occasion pour dénoncer les mauvaises conditions de détention.

Les détenus de la prison de Lambaréné, dans le chef lieu de la province du Moyen Ogooué (centre/Gabon) ont amorcé le 3 janvier 2010 une mutinerie pour s’insurger contre la mort d’une femme « malade de sida » dans une cellule. En colère ces détenus ont également saisi cette occasion pour dénoncer les mauvaises conditions carcérales ainsi que le manque de suivi médical pour les prisonniers malades qui les exposent au quotidien. Malgré les négociations du gouverneur de la province du Moyen Ogooué en vue de parvenir à un dénouement de la crise les pensionnaires ont décidé de rester sur leur position et sommer les responsables à œuvrer dans l’amélioration des conditions de détention. Nous y reviendrons !!!

Source : http://neufradio.com/

CONGO : Inquiétude des acteurs anti-sida au Congo face aux violences en RDC

DONGOU, 29 décembre 2009 (PlusNews) - L’arrivée massive de réfugiés fuyant des violences en République démocratique du Congo (RDC) voisine inquiète les acteurs de la lutte contre le sida de la Likouala, région du nord Congo qui affichait jusqu’à il y peu la prévalence du VIH la plus basse du pays mais commence à payer le prix des violences armées récurrentes que connaît cette zone depuis plusieurs années.

Les affrontements intercommunautaires des dernières semaines dans la région de l’Équateur en RDC ont forcé des dizaines de milliers de personnes, en majorité des femmes et des enfants, à partir. Selon les agences humanitaires, ils seraient quelque 70 000 à avoir fui depuis fin octobre ces affrontements entre deux ethnies qui se disputent les droits sur les terres cultivables et les étangs de pêche dans la province de l’Équateur. La majorité de ces populations déplacées a franchi le fleuve Oubangui, qui marque la frontière entre les deux Congo, pour aller se réfugier dans la région de la Likouala. Près de trois quarts des réfugiés sont des femmes, selon les statistiques des agences humanitaires. Bon nombre d’entre elles sont arrivées seules et sans rien, après avoir dû fuir en catastrophe, laissant leurs époux et parfois même leurs enfants, ainsi que tous leurs biens matériels. Une situation qui inquiète les acteurs de la lutte contre le sida. « Tous les déplacés sont démunis » a dit à IRIN/PlusNews Jean-Joseph Akouala, épidémiologiste d’une équipe chargée d’évaluer la situation des réfugiés. Au-delà de l’exposition et de la vulnérabilité de ces femmes à d’éventuelles violences sexuelles, M. Akouala s’est aussi dit préoccupé à l’idée que le dénuement pousse ces femmes à devoir recourir à des rapports sexuels payants à risque pour pouvoir survivre. L’organisation Médecins d’Afrique, partenaire opérationnel de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés, a installé des antennes en vue de dépister des cas de violences sexuelles et sexistes. Par ailleurs, « pour parer à toute éventualité, nous faisons la sensibilisation de masse dans les différents sites d’accueil et nous y distribuons des préservatifs », a dit le docteur Simplice Wilfrid Amba-Moundélé, responsable de l’Unité départementale de lutte contre le sida (UDLS) de la Likouala. Répartis dans un rayon de 160 kilomètres, les sites de réfugiés sont accessibles essentiellement par voie fluviale… (suite de l’article)

Source : http://www.irinnews.org/fr/ [Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]

MALI : Femmes séropositives : sans complexe

l’Essor n°16595 du - 2009-12-21

A. O. DIALLO

Chaque année, elles participent à un défilé de mode, contribuant ainsi à changer le regard de la société sur les malades

Les femmes séropositives encadrées par ARCADE-Sida ont depuis bientôt une décennie, un rendez-vous annuel spécial : leur traditionnel défilé de mode. La 9è édition de cette manifestation s’est déroulée jeudi dernier. « Bien dans son esprit, bien dans son corps », tel était le slogan de l’édition de cette année.

L’événement qui s’est déroulé dans la salle de banquet du Centre des conférences de Bamako (CICB), était présidé par l’épouse du chef de l’État et présidente de la Fondation pour l’Enfance, Mme Touré Lobbo Traoré. Le ministre de la Santé, Oumar Ibrahim Touré, et son homologue de la Communication et des Nouvelles technologies, Mme Diarra Mariam Flantié Diallo, y assistaient. Des épouses de ministres et de diplomates accrédités dans notre pays ainsi que de nombreux responsables impliqués dans la lutte contre le sida, faisaient partie du public. La directrice de l’ONG ARCADE-Sida, Mme Dembélé Bintou Kéïta, a rappelé les origines de l’initiative, qui remonte à la veille de la fête de Ramadan en 2001. L’objectif était de redonner espoir aux femmes séropositives en leur apportant un soutien psycho-social. La présidente de l’Association des femmes séropositives Mme Oumou Derma, assure que ce défilé traditionnel a permis à de nombreuses femmes infectées par le virus, de reconquérir leur droit d’être mère et épouse digne de respect. L’initiative a aussi aidé ces femmes à changer le regard de la société à leur endroit. Cinq groupes de "Miss" représentant différents groupes ethniques de notre pays ont défilé devant le public. Lors de leur passage sur le podium, elles ont remercié les responsables de ARCADE-Sida pour le réconfort moral et le soutien dont elles bénéficient jusqu’ici. Leurs témoignages, souvent très émouvants, ont décrit les situations de stigmatisation, dont elles ont été victimes. Chacune d’elle a raconté la manière dont elle a appris son infection. Il ressort des différents témoignages, qu’une seule de ces femmes a appris son statut sérologique à la suite d’un dépistage volontaire. Pour une autre, c’était à l’occasion d’un don de sang. Toutes les autres malades qui ont témoigné ont d’abord souffert d’une épuisante maladie, avant de découvrir leur infection. C’est à la suite d’examens complémentaires que leur mal a été diagnostiqué. Elles ont invité tous ceux ou celles qui n’ont pas encore effectué le dépistage volontaire de le faire… (suite de l’article)

Source : http://www.essor.gov.ml/

SUISSE : Prévenir le sida avec des romans-photos

Prévention | Les publications visent à améliorer la prévention auprès des migrants.

Stéphanie Lüthi | 05.01.2010

Des romans-photos pour informer les migrants sur les risques liés au sida. C’est l’idée de deux infirmières du Programme santé migrants (PSM) des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). « Les migrants arrivent à Genève avec un faible niveau d’éducation. Les images sont donc plus accessibles », explique l’infirmière Elisabeth Mouton. Sa collègue Denise Wetzel porte la double casquette de membre du PSM et du Groupe sida Genève. Elle a ainsi fait le lien entre le milieu associatif et l’hôpital. « Ce sont des situations réelles un peu romancées. Elles répondent aux questions les plus fréquentes que j’ai relevées lors des entretiens », explique Denise Wetzel. Cette initiative fait partie du projet pilote de « conseil et test volontaire du sida ». Lancé en 2006, il est financé par le Groupe sida Genève, l’Association de solidarité des femmes africaines de Genève, Première ligne, Dialogai et les HUG.

Le premier roman, Sous le signe de la passion, traite de la prise de risques liée à l’alcool. Il sera publié et diffusé dans le courant du mois mais les commandes fusent déjà. Il sera disponible dans tous les lieux de vie et les centres de consultation fréquentés par les migrants. « Dans le premier roman, je joue le rôle de l’assistante du planning familial. Il était parfois délicat de jouer certaines scènes « intimes », alors nous avons choisi des gens proches de nous, explique Denise Wetzel. En plus, les romans-photos français n’avaient que des personnages africains, ce qui ne correspondait pas à la diversité qu’on connaît dans nos centres d’accueil. Nous avons donc rendu cela plus métissé. » Les trois romans-photos ont été réalisés en deux ans avec la participation de la Haute Ecole de santé et de ses étudiants. Il reste encore à traduire les romans dans les langues principales des migrants avant de diffuser ces images au niveau national… (suite de l’article)

Source : http://www.tdg.ch/

MALAWI : pas de remise en liberté pour le premier couple gay "marié"

BLANTYRE (AFP) - 04.01.2010 18:32

Un tribunal du Malawi a refusé lundi de remettre en liberté sous caution deux homosexuels accusés d’"attentat à la pudeur" pour "s’être marié" au cours de la première cérémonie de mariage gay du pays.

Un tribunal du Malawi a refusé lundi de remettre en liberté sous caution deux homosexuels accusés d’"attentat à la pudeur" pour "s’être marié" au cours de la première cérémonie de mariage gay du pays. Le tribunal a décidé de donner aux plaignants six jours supplémentaires pour achever leur enquête sur l’"attentat à la pudeur" retenu contre le couple gay. Steven Monjeza and Tiwonge Chimbalanga, conduits menottés sous forte présence policière dans la salle d’audience, sont apparus abattus, alors que des centaines de curieux leur manifestaient hostilité ou soutien. Le couple a été arrêté le 28 décembre au soir à Blantyre, la capitale commerciale, trois jours après s’être "marié" lors de la première cérémonie publique de ce genre dans le petit pays conservateur d’Afrique australe. Les deux hommes ont plaidé "non coupable" devant le tribunal mais risquent 14 ans de prison, si leur culpabilité est reconnue. Le représentant de la police Dickens Mwambazi a demandé au tribunal de ne pas les remettre en liberté, estimant que les deux hommes devaient rester en détention pour leur "propre sécurité" en raison d’une large condamnation de leur action de la part des habitants du Malawi. "Leur vie serait en danger s’ils étaient relâchés", a-t-il souligné… (suite de l’article)

Source : http://www.tv5.org/

COURS : Le sida au Collège de France

lundi 4 janvier 2010

Peter Piot, directeur exécutif du programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) de 1995 à 2008, assure une série de cours au Collège de France du 7 janvier au 26 mars 2010 sur le thème : L’épidémie du sida et la mondialisation des risques.

La leçon inaugurale aura lieu le jeudi 7 janvier 2010 à 18 h. Elle sera filmée et diffusée en direct.

Le programme des cours :

Les vendredis à 17 h. Tous les cours seront filmés et diffusés en léger différé.

5 février (2 heures) - L’évolution d’une épidémie du sida à plusieurs vitesses ; L’hyperendémie du VIH en Afrique australe : Les héritages de l’apartheid

12 février (2 heures) - l’émergence du sida comme enjeu politique international ; Une société civile internationale post-westphalienne ?

19 février (1 heure) - Le droit au traitement

26 février (1 heure) - Les défis de la prévention du VIH

5 mars (1 heure) - L’économie du sida

12 mars (1 heure) - Le sida : Du désastre au développement

26 mars (1 heure) - Sida 2031 : Une vision à long terme

Plus d’infos sur le site du Collège de France

Source : http://www.sida-info-service.org/

ÉTUDES : La circoncision : quel impact sur la propagation du VIH chez les hommes gais et bisexuels ?

Date d’affichage : 18/12/2009

Sean R. Hosein

Dans plusieurs pays à revenu élevé, les hommes gais et bisexuels sont touchés de façon disproportionnée par le VIH et d’autres infections transmissibles sexuellement, notamment la syphilis. En effet, les données des programmes de dépistage indiquent que les taux de transmission du VIH augmentent chez cette population depuis 2001 dans les pays suivants : Canada, Australie, France, Allemagne, Pays-Bas, Royaume-Uni, États-Unis

Même si le nombre de nouvelles infections par le VIH se stabilisait chaque année, des prévisions statistiques américaines laissent croire qu’une forte proportion d’hommes gais et bisexuels contracteraient le VIH au cours des 20 prochaines années aux États-Unis. Face à cette hausse de l’incidence de l’infection au VIH, les chercheurs et les décideurs de politiques de santé publique de plusieurs pays riches évaluent à présent différentes possibilités d’interventions susceptibles de contribuer à freiner la pandémie du VIH. Une de ces possibilités réside dans la circoncision masculine. Trois essais cliniques randomisés menés auprès d’hommes hétérosexuels dans des régions du monde où le VIH est relativement courant, telle l’Afrique australe, ont permis de constater que la circoncision réduisait d’environ 60 % le risque de transmission du VIH de la femme à l’homme lors des rapports sexuels. Pour que cette réduction du risque soit durable, il faut que les hommes circoncis aient recours au condom aussi. Il faudra également un suivi à long terme pour confirmer que la protection conférée par la circoncision peut se maintenir pendant de nombreuses années. Il n’empêche que certains chercheurs des pays à revenu élevé estiment que la circoncision des hommes gais et bisexuels pourrait jouer un rôle dans la prévention de la transmission du VIH chez cette population. Dans le présent bulletin de Nouvelles-CATIE, nous examinons des données concernant l’impact éventuel que pourrait avoir la circoncision masculine chez les hommes gais et bisexuels dans les pays à revenu élevé.

Australie - étude sur la circoncision

Des chercheurs australiens ont mené plusieurs études pour évaluer l’impact de la circoncision sur la transmission du VIH. Aux fins d’une étude particulière, ils ont recruté 1 426 participants séronégatifs, dont 66 % étaient circoncis. Sur les 1 426 hommes, 95 % se disaient gais et 5 % se disaient bisexuels. Le suivi des participants a duré jusqu’à quatre ans, l’étude ayant pris fin en juin 2007. Cinquante-trois hommes ont contracté le VIH durant l’étude. Tenant compte de la présence d’infections transmissibles sexuellement (ITS), telles que la gonorrhée et des verrues anales, les chercheurs ont constaté que, dans l’ensemble, la circoncision n’offrait à ces hommes aucune protection statistiquement significative contre le VIH… (suite de l’article)

Source : http://www.catie.ca/nouvellescatie.nsf/

[1] Creative Commons Attribution ShareAlike 3.0 License Author ASDFGH : South Korea : Busan Skyline, 2009



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