POLOGNE : Les policiers ne pourront plus être licenciés pour séropositivité - ONUSIDA : La tendance sur huit ans indique une baisse des nouvelles infections à VIH de 17% — la plupart des progrès s’observent en Afrique subsaharienne - FRANCE : Concours : Le Crips lance VIH Pocket Films - ÉTUDE : Prévalence de l’hépatite virale B occulte chez le sujet VIH+ - BRÉSIL : Recherches sur la sexualité : l’impact de l’épidémie de sida - AFRIQUE DU SUD : La Coupe du Monde au service de la sensibilisation au VIH - FRANCE : Pour Aides, le Téléthon ne "phagocyte" pas les dons des Français - FRANCE : Pierre Bergé appelle à une mutualisation des dons

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POLOGNE : Les policiers polonais ne pourront plus être licenciés pour séropositivité
©AFP / 23 novembre 2009
VARSOVIE - La Cour constitutionnelle polonaise a jugé lundi inconstitutionnelle une disposition du ministère de l’Intérieur qui excluait automatiquement de la police tout fonctionnaire porteur du virus du sida.
La disposition, introduite en 1991, stipulait que toute personne chez laquelle le virus était détectée était "déclarée entièrement inapte au travail" dans la police. "La présence du virus du sida peut en effet être considérée comme indésirable dans le cas de fonctionnaires des patrouilles d’intervention. Il y cependant un certain nombre de postes pour lesquels elle n’a pas d’importance, comme l’administration de la police, l’enseignement, des départements d’analyse ou autres", a constaté la Cour. La Cour a été saisie d’une demande d’interprétation à la suite du licenciement d’un fonctionnaire de police de Gdansk (nord de la Pologne) en 2006. Le policier, qui travaillait dans les forces de l’ordre depuis 1998, a été licencié après avoir été déclaré séropositif à l’occasion d’un bilan médical. "Le jugement de la Cour est très positif," a déclaré à l’AFP le président d’une association des personnes porteuses du virus, Wojciech Tomczynski. "Nous avions les larmes aux yeux quand la Cour prononçait son jugement", a-t-il ajouté. Le policier licencié de Gdansk a l’intention de retourner au travail dans la police, a ajouté Tomczynski. Il était présent incognito à la Cour pour entendre le jugement. La Pologne compte quelque 12.500 séropositifs, selon des statistiques officielles. L’association des personnes séropositives les estime à environ 35.000. Près de mille malades du sida vivent actuellement en Pologne et un millier en sont morts depuis le début des années 1980 quand ce virus a été découvert.
Source : http://www.romandie.com/
24 novembre 2009
Les activités sur la voie de l’accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et à l’appui en matière de VIH sortent le sida de son isolement
Genève / Shanghai, 24 novembre 2009
Selon de nouvelles données publiées dans Le point sur l’épidémie de sida 2009, les nouvelles infections à VIH ont baissé de 17% au cours des huit dernières années. Depuis 2001, date de la signature de la Déclaration d’engagement des Nations Unies sur le VIH/sida, le nombre des nouvelles infections en Afrique subsaharienne a baissé de près de 15%, ce qui représente environ 400 000 infections de moins en 2008. En Asie de l’Est, les nouvelles infections à VIH ont diminué d’environ 25% et en Asie du Sud et du Sud-Est de 10% au cours du même laps de temps. En Europe orientale, après une augmentation spectaculaire des nouvelles infections parmi les consommateurs de drogues injectables, l’épidémie s’est considérablement stabilisée. Toutefois, dans certains pays, il y a des indications selon lesquelles les nouvelles infections à VIH repartent à la hausse.
Le rapport, rendu public aujourd’hui par le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) et l’Organisation mondiale de la Santé, souligne qu’au delà du pic et du cours naturel de l’épidémie, les programmes de prévention du VIH font une différence. « La bonne nouvelle, c’est que nous avons des preuves que les déclins que nous constatons sont dus, en partie du moins, à la prévention du VIH, » a déclaré Michel Sidibé, Directeur exécutif de l’ONUSIDA. « Toutefois, les conclusions nous montrent aussi que les programmes de prévention ne sont souvent pas à la hauteur et que si nous réussissons mieux à faire sorte que les ressources et les programmes soient dirigés là où ils auront le plus d’impact, des progrès plus rapides peuvent être faits et davantage de vie sauvées. » Dans ce premier double numéro, le rapport Perspectives ONUSIDA examine en détail comment les études sur les « modes de transmission » changent l’approche en matière d’activités de prévention du VIH. Le rapport du style magazine se penche sur les nouvelles idées et les manières d’utiliser les données collectées dans le rapport épidémiologique qui l’accompagne… (suite de l’article)
Source : http://www.unaids.org/fr/
FRANCE : Concours : Le Crips lance VIH Pocket Films
Par Nara Anchises, Vih.org 23/11/09
Une idée en tête, un portable à la main. C’est à partir de cette combinaison que le Crips Île-de-France et le Sidaction, réunis au Forum des images, veulent sensibiliser les gens à l’épidémie de VIH/sida. Les deux associations lancent le concours, ouvert à tous, VIH Pocket Films.
Pour participer, c’est simple : il s’agit juste d’enregistrer une vidéo à l’aide d’un téléphone portable sur les enjeux actuels de la lutte contre le sida (la prévention, le dépistage, le traitement, la lutte contre les discriminations et la solidarité) et de la mettre en ligne sur le site www.vih-pocket-films.org (pas avant le 1er décembre). Les films seront hébergés sur la plateforme Dailymotion. Ce concours s’inscrit dans la programmation de la Journée mondiale de lutte contre le sida du 1er Décembre et les films peuvent être proposés jusqu’au 31 mars 2010. La remise des prix aux lauréats aura lieu en juin 2010 dans le cadre du Festival Pocket Films, avec une projection en avant-première des films sélectionnés. Le but du concours est de mobiliser le grand public et l’émergence d’un discours citoyen sur le VIH et de valoriser les nouvelles technologies comme vecteurs d’information et de prévention. Pour Antonio Ugidos, directeur du Crips Île-de-France, il faut donner la parole aux citoyens. « Nous pensons que la prévention passe par l’émotion. C’est l’art au service de la prévention », explique-t-il. Un film tourné avec son portable a été projeté durant la conférence de presse comme exemple de ce que les gens peuvent faire dans le concours. « C’est la première fois que j’utilise mon portable pour tourner une vidéo, explique-t-il. Il s’agit d’un petit outil, mais ce que m’a marqué c’est la facilité et le côté pratique de la chose. »
De nouveaux messages
Pour le directeur général de Sidaction, Bertrand Audoin, le concours est une façon de faire la prévention en utilisant des méthodes participatives et interactives : « La prévention est un éternel recommencement, tous les ans. Dans ce cas, l’intérêt est que les gens vont réfléchir à des sujets liés au VIH, et produire leurs propres discours. Ce sont personnes différentes, qui ne font pas partie d’associations. Ils vont porter de nouveaux messages et nous inspirer. » D’après Laurence Herszberg, la directrice générale du Forum des Images, la culture a aussi une responsabilité envers la société et la jeunesse : « En plus de l’aspect culturel, il y avait une aspiration citoyenne des jeunes pour s’exprimer dans les autres éditions du Festival Pocket Films. » Le côté social et critique des films tournés dès 2005 a interpellé les organisateurs, motivant le Forum à participer à cette nouvelle initiative.
Deux catégories pour concourir
Le concours est divisé en deux catégories, moins de 18 ans et plus de 18 ans. Les vidéos peuvent être réalisées individuellement ou en groupe. Les critères de sélection seront l’originalité, la qualité et la pertinence de la réalisation au regard du thème du concours. Deux prix seront décernés : celui du public, grâce aux votes des internautes, à partir du 1er avril 2010, et celui du jury, qui va sélectionner 20 vidéos à partir des 300 films de la compétition officielle. Les cinq premiers sélectionnés de chaque catégorie recevront une camera vidéo. Ces films sont destinés à être largement diffusés auprès du grand public sur internet et utilisés par les acteurs de la lutte contre le sida comme support à leurs actions d’information et de prévention.
L’expérience du Crips
Ce n’est pas la première expérience du Crips en ce qui concerne la vidéo. L’organisation a organisé les éditions des concours de courts métrages « Un séropositif dans la ville » et « 3000 scénarios contre un virus », dans les années 1990. Les 31 courts-métrages réalisés avaient été diffusés sur toutes les chaînes de télévision françaises, et dans des festivals nationaux et internationaux. Quelques années plus tard, d’autre concours du Crips ont abordé la question de la drogue et de la lutte contre les discriminations. Pour mobiliser les jeunes étudiants, 500 000 sets de table illustrés de l’annonce du festival seront distribués aux écoles françaises, dont 196 mil dans la région parisienne. Les autres associations liées au VIH et à la jeunesse seront aussi invitées à le diffuser, bien que les lycées français à l’étranger, les Alliances Françaises et le réseau des vidéastes de Pocket films, dans un grand effort de mobilisation et sensibilisation des différents acteurs pour la santé.
Plus d’informations :
Le site du concours : VIH pocket films.
www.forumdesimages.fr
www.festivalpocketfilms.fr
Source : http://www.vih.org/
Note de Fréquence VIH : les 28 et 29 novembre, le Festival VIHsion présentera sa première édition à Montréal. Ce festival est une « retombée » du projet Prise Positive de CATIE fait en collaboration avec Fréquence VIH et qui invite de jeunes séropositifs à s’exprimer par la vidéo.
ÉTUDE : Prévalence de l’hépatite virale B occulte chez le sujet VIH+
Rédigé le 23 novembre 2009
Les hépatites B occultes, documentées depuis 1978, sont définies par la présence d’ADN du virus de l’hépatite B (VHB) dans le sérum et dans le foie en l’absence d’antigène HBs détectable. Selon les études, leur prévalence chez les patients co-infectés par le VIH va de 0 % à 89 %. Les conséquences cliniques en sont mal connues. Une étude publiée récemment dans la revue "Pathologie Biologie" a évalué la fréquence des hépatites B occultes chez des patients infectés par le VIH et a déterminé les facteurs favorisant leur survenue.
Patients et méthode
L’étude rétrospective a été réalisée chez 31 patients infectés par le VIH, venus au Centre hospitalier de Versailles entre le 1er janvier 2007 et le 30 juin 2008 pour réaliser un contrôle de charge virale VIH et ayant des anticorps anti-HBc isolés. Les auteurs ont considéré, conformément à la définition, qu’un patient avait une hépatite B occulte dès lors que l’ADN du VHB était détectable. La quantification de l’ADN du VHB a été réalisée par PCR (Polymerase Chain Reaction) en temps réel (HBV PCR kit ; Qiagen®) sur 51 échantillons (un à trois échantillons par patient) en l’absence de traitement actif sur le VHB. L’ADN du VHB a été détecté chez 22 % des patients, soit chez 7 sujets sur 31.
Caractéristiques des patients avec une hépatite virale B occulte
La fréquence des hépatites B occultes apparaît plus élevée chez les patients co-infectés par le virus de l’hépatite C (VHC) (p = 0,047).
De nombreuses études rapportent la co-infection par le virus de l’hépatite C comme un facteur favorisant les hépatites B occultes. L’infection par le VHC réduirait l’expression des protéines du VHB dans le foie ; la protéine de capside du VHC a un effet inhibiteur puissant sur la réplication du VHB en culture cellulaire.
Le nombre de CD4 associé aux prélèvements avec un ADN du VHB détectable est significativement plus faible que celui associé aux prélèvements indétectables pour le VHB. Aucune hépatite B occulte n’a été observée lorsque le nombre de CD4+ était supérieur à 400 par mm3.
La charge virale VIH dans le plasma n’est pas significativement différente entre les prélévements avec une charge virale VHB détectable (médiane 4,72 log copies par ml) et ceux avec une une charge virale VHB indétectable (médiane 4,42 log copies par ml). Cependant, 6 des 7 patients présentant une charge virale détectable avaient une charge virale VIH contemporaine supérieure à 4,4 log copies par millilitre.
Les études publiées sur ce sujet montrent la nécessité de tester plusieurs prélévements pour la recherche d’une hépatite occulte car la charge virale VHB présente la particularité d’être intermittente.
Conclusion
Cette étude montre donc que la prévalence des hépatites B occultes est élevée chez les patients infectés par le VIH et porteurs d’anticorps anti-HBc isolés. Elle souligne l’intérêt de contrôler régulièrement la charge virale VHB chez les patients VIH+. Deux facteurs de risque semblent liés à l’existence d’une hépatite virale B occulte, la co-infection avec le virus de l’hépatite C et un faible nombre de CD4. Ces résultats nécessiteraient maintenant d’être confirmés sur un effectif plus important.
Dans la presse scientifique :
Faut-il rechercher une hépatite B occulte chez les patients infectés par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) ?, S. Marque-Juillet, K. Benghalia, S. Monnier, C. Fernand-Laurent, M.-C. Mazeron, M. Harzic, Pathologie Biologie, Article sous presse
Source : http://femmesida.veille.inist.fr/
BRÉSIL : Recherches sur la sexualité : l’impact de l’épidémie de sida
Par Élise Marsicano, Doctorante Paris XI-Inserm (Paris, France)
23/11/09
Une étude de Richard Parker (membre fondateur de l’association ABIA) publiée aux Cahiers de santé publique de la Fondation Oswaldo Cruz commente l’impact important que l’épidémie de sida a eu sur la manière dont nous pensons, parlons et conduisons des recherches sur la sexualité.
L’épidémie de sida a permis le développement d’un vaste ensemble d’approches et de méthodologies dans le champ des recherches sur la sexualité. Elle a également encouragé des débats publics plus ouverts sur les comportements sexuels et les normes en matière de sexualité. Au commencement, ces recherches ont été dirigées par des préoccupations épidémiologiques liées à la transmission sexuelle du VIH/sida. Puis, l’intérêt pour les pratiques sexuelles s’est élargi au contexte social de la sexualité, les changements dans les comportements sexuels étant contraints par des facteurs culturels, structurels, politiques et économiques.
Désexualisation
Depuis une dizaine d’années, on assiste à une certaine désexualisation de l’épidémie avec l’arrivée des HAART. Cela a contribué à déplacer les préoccupations sur d’autres sujets tels que l’accès aux traitements ainsi qu’à une remédicalisation du champ de recherche sur le VIH/sida, et en particulier de la prévention. Dans le même temps, on a assisté à une véritable explosion des mobilisations autour des droits sexuels, avec comme corollaire une certaine judiciarisation du champ de la sexualité. Actuellement, les avancées impulsées par l’épidémie de sida dans les recherches sur la sexualité risquent de se perdre. Remettre de la sexualité dans le sida, ce n’est pas seulement faire avancer le champ de la sexualité, c’est également tenter de prévenir un renversement majeur concernant les réussites accomplies durant les premières décennies de l’épidémie.
Références
Unintended consequences : evaluating the impact of HIV and AIDS on sexuality research and policy debates, Cad. Saúde Pública, Richard Parker, 2009
À télécharger (PDF, 88Ko).
Source : http://www.vih.org/
AFRIQUE DU SUD : La Coupe du Monde au service de la sensibilisation au VIH
JOHANNESBOURG, 23 novembre 2009 (PlusNews) - Dans moins de sept mois, l’Afrique du Sud accueillera un événement sportif d’importance planétaire : la Coupe du Monde de football. Les millions de fans du ballon rond qui répondront à l’appel aussi bien dans le pays qu’à l’étranger représentent une chance en or pour le secteur des affaires et celui du tourisme en Afrique du Sud, mais également pour la lutte contre le VIH/SIDA.
Le 18 novembre 2009, des responsables sanitaires, des activistes et des organisations de la société civile se sont réunis à Johannesbourg afin de planifier la manière de tirer le meilleur parti de l’événement, qui se déroulera pendant 30 jours dans huit des neuf provinces sud-africaines. Les médias internationaux ont récemment indiqué que la Coupe du Monde pourrait aggraver l’épidémie de VIH/SIDA qui frappe déjà sévèrement le pays. Toutefois, la rencontre sportive est vue comme une opportunité de répondre à la crise sanitaire par d’autres intervenants, dont l’ancien joueur de football Ronny Zondi, qui représente le secteur du sport et des loisirs du Conseil national de lutte contre le sida sud-africain (SANAC en anglais), l’organe chargé de la coordination des activités anti-VIH en lien avec la Coupe du Monde. Les stades, les parcs destinés aux fans, les hôtels et les bars sont autant de lieux où l’on pourrait diffuser des messages de prévention sur le VIH, distribuer des brochures et des préservatifs, et proposer des services de conseil et dépistage volontaires. Lors de la rencontre, il a également été souligné le besoin pour toutes les organisations engagées dans la lutte contre le VIH/SIDA de travailler en collaboration avec la Fédération internationale de football, la FIFA, et son comité organisateur local (COL), afin d’éviter le chevauchement d’efforts et la diffusion de messages contradictoires. Le docteur Victor Ramathesele, médecin en chef du COL, a exhorté les participants à tirer profit de l’expertise de la FIFA en matière de marketing afin de diffuser des messages de prévention du VIH/SIDA avant et pendant la Coupe du Monde. Noluntu Ntloko, de l’unité chargée du marketing de la FIFA, a informé les participants des restrictions applicables à l’utilisation des marques déposées de la FIFA or des autres marques qui pourraient entrer en conflit avec celle de ses commanditaires et partenaires commerciaux. En outre, il a encouragé les organisations à acheminer leurs activités prévues dans le domaine de la prévention du VIH par le biais du COL. Dans le cadre du mouvement Football for hope, la FIFA a déjà conclu des partenariats avec des organisations de la société civile engagées dans la lutte contre l’épidémie. Parmi ces partenaires figure Grassroots Soccer, qui s’emploie avec une ONG locale, Sonke Gender Justice, à former des entraîneurs de football pour que ces derniers sensibilisent les jeunes au VIH/SIDA. Plusieurs organisations ne comptent pas relâcher leurs efforts après le coup de sifflet final de la Coupe du Monde, mais elles prévoient, au contraire, de mener des campagnes durant toute l’année 2010 et de s’adresser à l’ensemble du continent… (suite de l’article)
Source : http://www.irinnews.org/fr/[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
FRANCE : Pour Aides, le Téléthon ne "phagocyte" pas les dons des Français
LEMONDE.FR avec AFP | 23.11.09
A deux semaines de l’édition 2009 du Téléthon, les propos de l’homme d’affaires et président de Sidaction Pierre Bergé, accusant le Téléthon de "parasiter la générosité des Français", suscitent de nombreuses réactions. "Je le comprends et pourtant il a tort de dire tout cela", a ainsi déclaré le généticien Axel Kahn, président de l’Université Paris-Descartes, lundi matin 23 novembre. Dans un entretien au Parisien, le scientifique se dit "choqué", comme Pierre Bergé, "de voir que le Sidaction récolte dix à vingt fois moins d’argent que le Téléthon", mais il souligne que "même si le Téléthon n’existait pas, le Sidaction ne récolterait pas plus d’argent pour autant". "Comment voulez-vous être contre le seul exemple où des citoyens décident de contribuer tous ensemble à la recherche publique ?, demande Axel Kahn. Toute critique du Téléthon devient absurde quand des millions sont dégagés pour la recherche en faveur des maladies génétiques."
NI VU, NI ENTENDU
Très engagé auprès du Téléthon, l’acteur Daniel Auteuil, qui sera parrain de la prochaine édition, a regretté sur Europe 1 la déclaration "très violente" et "malheureuse" de Pierre Bergé. "Cet argent est nécessaire, il en faut et il en faudra toujours plus", a-t-il déclaré, tout en assurant "comprendre" ce "cri pour alerter pour les dons des malades du sida". L’acteur a cherché à apaiser les esprits : "La polémique, on ne l’a pas entendue, ça n’a pas eu lieu et c’est fini, voilà. On n’a pas à comparer les souffrances." Pierre Bergé a toutefois reçu le soutien de Line Renaud, à l’origine en 1984 de la création de l’association Sidaction, dont elle est vice-présidente. La comédienne a jugé sur RTL "très courageux de mettre en route ce débat". "Je ne suis pas en train de dire que l’AFM (Association française contre les myopathies) détourne de l’argent, mais il y a une disproportion. Il y a trop d’argent pour le Téléthon. Les enfants qui ont le sida sont des enfants handicapés pour la vie."
"ON N’EST PAS DES FRÈRES ENNEMIS"
Une position que ne partage pas Vincent Pelletier, directeur général de l’association de lutte contre le sida Aides. "Je suis très en colère et ces propos m’ont surpris. Ce sont des déclarations qui sont loin des positions des associations de lutte contre le sida. C’est la position de Pierre Bergé, président de Sidaction, a-t-il déclaré. Ce n’est pas vrai que le Téléthon phagocyte les dons des Français. (...) Nous travaillons depuis des années avec l’Association française contre les myopathies, on n’est pas des frères ennemis, loin de là." Pour le président d’Aides, "on sait que si on trouve un vaccin contre le sida, ce sera aussi grâce aux recherches sur la thérapie génique. De plus, l’AFM finance des recherches sur des maladies rares ou opportunistes, et les malades du sida qui en sont atteints peuvent en bénéficier"… (suite de l’article)
Source : http://www.lemonde.fr/
FRANCE : Pierre Bergé appelle à une mutualisation des dons
24/11/2009
Sophie Louet, édité par Yves Clarisse
PARIS (Reuters) - Pierre Bergé, qui a suscité un tollé en accusant le Téléthon de "parasiter la générosité des Français d’une manière populiste", propose de mutualiser les dons en faveur de la recherche en France.
"Dans la lutte contre les maladies, aucune cause n’est, per se, meilleure qu’une autre, car il n’y a pas d’échelle du malheur", écrit le président de Sidaction dans une tribune cosignée avec Line Renaud, sa vice-présidente, et Bertrand Audoin, son directeur général, dans Le Monde daté du 25 novembre. "Cancers, myopathies, sida, maladies rares, nouveaux virus, d’autres encore, tous devraient pouvoir travailler ensemble et à armes égales dans un objectif commun : le mieux-être de l’humanité", soulignent-ils. "Quand nous devons défendre des idées ensemble, quand nous pensons que nous serions plus forts à négocier côte à côte, nous est-il interdit d’appeler de nos vœux, à nos côtés, une présence constructive, égalitaire et positive de l’association avec laquelle les Français montrent plus grande générosité ?" s’interrogent-ils. Le Téléthon, piloté par l’Association française contre les myopathies (AFM), récolte environ 100 million d’euros de dons chaque année. Le Sidaction, destiné à financer la recherche contre le sida, en recueille environ sept millions. "Ne pourrions-nous pas enfin tenter de nous organiser tous ensemble pour que nos appels à la générosité soient mieux coordonnés et cette générosité mieux répartie ? (...) C’est ce que nous appelons de nos vœux. De tout cœur, nous espérons être entendus.", ajoutent les signataires du texte. Ils réitèrent leurs critiques à l’égard du Téléthon, face aux condamnations des propos de Pierre Bergé, et estiment que l’AFM recourt à "une exhibition populiste" et "indécente" des malades. Mais à aucun moment avons-nous voulu, soulignent-ils, "la mort du Téléthon", dont la prochaine édition - la 23e - se déroulera les 4 et 5 décembre sur France 2 et France 3.
Source : http://www.boursier.com/


